En force ou en douceur, par la plume ou par le style, elles prennent des risques pour les causes qu’elles défendent. La rédaction de GAEL vous parle des femmes qui donnent furieusement envie de s’engager à leurs côtés.

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Adriana Costa Santos (23 ans), coordinatrice hébergement auprès de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés

LUEUR D’ESPOIR

«Cette jeune intellectuelle originaire de Lisbonne, qui parle six langues, était venue à Bruxelles faire un master en anthropologie. En découvrant la situation dramatique vécue par les migrants de passage dans la capitale, elle a décidé de prendre une année sabbatique pour pouvoir s’impliquer. Depuis septembre dernier, on la trouve presque chaque soir au Parc Maximilien, au milieu des autres volontaires au K-Way blanc tagué “Welcome Refugees”. Adriana accueille, explique, met en contact les réfugiés et les nombreuses familles belges qui viennent offrir le gîte pour la nuit à un ou plusieurs migrants. Je suis éblouie par sa douceur solaire et son discours simple et pragmatique, à mille lieues des Mère Teresa d’opérette. Je sais qu’il met du baume au cœur des réfugiés comme des accueillants. Dans ce chaos humain complexe et sensible, on se sent souvent paralysé, impuissant. Des personnes comme Adriana et les 40 000 friends de la page Facebook Plateforme citoyenne nous rappellent que toute aide, même minuscule, est la bienvenue.»

  • ANNE-SOPHIE KERSTEN, RÉDACTRICE EN CHEF DE GAEL.
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Oprah Winfrey (63 ans), présentatrice télé américaine

OPRAH PRÉSIDENTE!

«Oprah Winfrey a brillé lors de la présentation des derniers Golden Globes. Son discours a permis au mouvement #metoo de s’émanciper du buzz passager (tout Hollywood a défilé sur le tapis rouge, vêtu de noir de la tête aux pieds) ou de la série interminable d’accusations sur les médias sociaux. Grâce à elle, Time’s Up, le mouvement de lutte contre les abus sexuels et la discrimination envers les femmes à Hollywood, dépasse déjà les frontières du show-business. Personne d’autre qu’elle ne pouvait si radicalement mettre le doigt sur ce qui blesse, tout en offrant un message d’espoir aux femmes du monde entier.»

  • ISALINE PUT, JOURNALISTE WEB.
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Lena Dunham (31 ans), actrice, productrice, scénariste et réalisatrice américaine

FÉMINI-COMIQUE

«J’ai un handicap: je ne peux retenir un message que s’il est drôle. C’est pourquoi je décroche souvent quand j’écoute le discours d’une féministe moyenne: trop agressive, peu portée sur l’autodérision, trop sérieuse. Trop binaire aussi, alors que la réalité ne l’est pas. Lena Dunham, c’est la femme qui me fait attendre sa newsletter “Lenny” chaque semaine, un bulletin d’information en ligne avec des interviews, des histoires, de l’art et une chronique. Lena est drôle, emportée et volage. C’est une féministe, mais pas de celles qui me donnent la chair de poule: elle me laisse écouter, réfléchir, former ma propre opinion. L’année dernière, fin novembre, elle a critiqué une victime de harcèlement et a insinué que cette femme avait inventé ses accusations. Elle a reçu beaucoup de critiques de la part de femmes et d’hommes et sa popularité en a pris un coup. Je continue à croire en elle parce qu’elle prend beaucoup de risques, parce qu’elle parvient souvent à dire exactement ce que beaucoup d’entre nous ressentent sans pouvoir l’exprimer. Et parce qu’elle est humaine, et donc imparfaite. Lena, je suis avec toi.»

  • ELS KEYMEULEN, RESPONSABLE MODE.
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Louma Salamé (37 ans), directrice de la Villa Empain et de la Fondation Boghossian

L’ART HUMANISTE

«J’ai d’abord découvert le travail de Louma en suivant l’actualité de la Fondation Boghossian et lors d’une interview, j’ai très vite été séduite par sa personnalité. Malgré son aura hyper impressionnante de grande intellectuelle (son père était ministre de la Culture au Liban, sa sœur n’est autre que la journaliste Léa Salamé), elle dégage une énergie simple, chaleureuse, franche et terriblement féminine. Sa façon de gérer la Fondation est aussi un rien provoc: au-delà du strass et des paillettes de ce milieu très codifié qu’est celui de l’art contemporain, elle choisit toujours de mettre en valeur des œuvres d’art à portée humaniste, des choses qui la touchent et qu’elle veut partager. J’aime aussi le fait que, par le biais d’ateliers ludiques, par exemple pour les tout-petits ou pour les femmes is- sues de quartiers défavorisés, elle parvienne à rendre l’art contemporain sexy et décomplexé aux yeux du grand public. De plus, elle continue le projet caritatif de la Fondation Boghossian, très engagée dans le dialogue Occident-Orient et dans le soutien aux réfugiés syriens en Arménie. 10/10

  • PALOMA DE BOISMOREL, JOURNALISTE CULTURE.
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Nena Cornelis (46 ans), responsable du restaurant Bel Mundo à Molenbeek

LE GOÛT DE L’AUTRE

«Après des années dans le monde des entreprises et de la finance, Nena a eu envie de changer d’orientation, elle voulait enfin “signifier quelque chose pour la société”. Elle a donc troqué son emploi bien payé et tous ses avantages contre un travail au sein de l’ASBL Atelier Groot Eiland en tant que “job coach”. Quand elle a débarqué dans cette association bruxelloise, un projet de resto à économie sociale était déjà lancé, elle a repris les rênes du projet. Grâce au restaurant Bel Mundo, Nena est parvenue à combiner son expérience en management avec sa passion pour la cuisine. En résumé, le Bel Mundo est un restaurant à économie sociale qui réinsère des personnes en difficulté sur le plan physique et psychologique. Nena et son équipe travaillent avec des produits saisonniers (qui proviennent de fournisseurs locaux), des invendus du Delhaize et des légumes venant des deux grands potagers de l’association (qui ont récemment été labelisés bio). Cette démarche zero waste a également inspiré la déco de la salle. Les meubles ont été fabriqués à partir de palettes en bois. Ce restaurant prouve que l’on peut marier “le social avec un projet économique, le tout avec une sauce durable”.»

  • LAURA SWYSEN, JOURNALISTE FOOD.

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