Même si la série The Crown est ultra-populaire, peu de gens assumeraient en vrai leur amour de la couronne.  Par Jorik Leemans. Photo: Liesbet Peremans.

Dès son plus jeune âge, Gertjan s’intéresse à l’histoire des palais royaux européens. Aujourd’hui, il réussit à allier ses deux casquettes professionnelles à sa passion des châteaux.

La royauté dans le sang

« J’ai toujours été fasciné par les membres de la famille royale. Enfant, je feuilletais des magazines sur la royauté avec ma grand-mère et ma mère. J’ai commencé à regarder des émissions sur le sujet vers l’âge de 12 ans. Ces hobbys me viennent de ma passion des châteaux et du patrimoine. Mes dessins d’enfant comprenaient presque toujours des palais et je lisais des tas de livres sur les anciennes monarchies, de la cour britannique aux tsars de Russie. Je suis heureux d’avoir pu transformer cette passion en profession. En tant que conseiller en gestion de patrimoine, j’ai la chance de pouvoir visiter des lieux inaccessibles, comme des domaines ou des résidences secondaires appartenant à des familles aristocratiques. Mes collègues savent que j’adore m’occuper de ce genre de dossier. Très souvent, ces propriétaires sont liés, d’une manière ou d’une autre, à notre famille royale. Ce monde peut paraître vaste, mais il est en réalité très petit.

Mon personnage préféré dans l’histoire de notre famille royale est la princesse Lilian de Réthy, la seconde femme très controversée de Léopold III. Ce que j’aime chez elle, c’est qu’elle a su passer outre les critiques et mener sa barque sans se soucier des autres. Le roi l’a épousée, en pleine guerre, après le décès de la — très appréciée — reine Astrid : un événement qui n’a pas plu à la population. Lorsque le roi a abdiqué en 1951, le couple s’est exilé au château d’Argenteuil et a entièrement réaménagé cet édifice historique.

“Aujourd’hui, les membres de la famille royale suscitent beaucoup de moqueries. Mais pour moi, ça ne change rien, je suis bien trop passionné !”

À la mort de Lilian en 2002, le mobilier et les objets de déco du château ont été vendus aux enchères. Je collectionne les catalogues des ventes aux enchères royales. Des effets personnels (incluant robes haute couture et bijoux) au contenu des bibliothèques, je suis toujours curieux de découvrir les trésors cachés dans les anciennes demeures des monarques. Évidemment, je suis ravi de compter le catalogue Sotheby’s d’Argenteuil dans ma collection. Pendant plusieurs années, j’ai envoyé une carte de Noël à la princesse Esmeralda, la fille de Lilian. J’ai été inspiré par un ami qui envoyait également chaque année ses bons vœux à la famille royale. Soit mes lettres se sont perdues en chemin, soit le personnel ne les a pas transmises à la princesse, car malheureusement, je n’ai jamais reçu de réponse ! (Rires.)

J’appelle régulièrement ma grand-mère pour discuter avec elle des émissions royales diffusées à la télévision. Tout comme moi, elle s’intéresse énormément à la monarchie. Tout au long de nos conversations, elle me répète : “Toi, tu me comprends.” De temps en temps, j’achète le magazine français Point de vue, qui est réputé pour ses articles sur la royauté et son histoire. De nouvelles enchères y sont également souvent annoncées. Quand j’achète ce magazine, la personne avec qui je vis me taquine. Aujourd’hui, les membres de la famille royale suscitent beaucoup de moqueries. Mais pour moi, ça ne change rien, je suis bien trop passionné ! »

Découvrez notre dossier “Jeunes fans de la monarchie” dans le GAEL de novembre, disponible en librairie.

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