Des histoires d’amour, du suspens, du farfelu: voilà ce qui vous attend au rayon lecture ce mois-ci. Voilà trois romans à dévorer pour savourer la fin de l’été!

1Crime et ricanements

New York (Colorado) est une ville où l’on lutte quotidiennement contre l’ennui. Agatha Crispies, jeune inspectrice ambitieuse originaire de Brooklyn, attend désespérément l’occasion de faire ses preuves pour reprendre sa carrière à New York (l’autre) et son combat acharné contre la délinquance. Appelée sur les lieux d’un crime odieux, la policière afro-américaine jubile. Convaincue de l’efficacité de sa méthode d’enquête basée sur l’association libre de mots et les références littéraires, elle traque le coupable tout en recrutant des amateurs pour le club de lecture qu’elle dirige. On adore la loufoquerie et la bonne humeur de ce pastiche de polar qui rend hommage à chaque page aux grands classiques de la littérature.

Le truc en plus: les raisonnements déjantés d’Agatha Crispies nous donnent la possibilité de croiser des auteurs dans des endroits improbables ou de réviser, ni vu ni connu, nos connaissances sur les incontournables que sont Joyce, Tolstoï et Flaubert.

  • Tout un été sans Facebook, Romain Puértolas, 380 p., 380 P., Éd. La Dilettante.

2Par quatre chemins

Envie d’une nouvelle bande d’amis pour les vacances? On adopte Eva, Benedict, Sylvie et Lucien au début de leurs études et on suit leur progression pendant 20 ans. À la fois roman choral, roman d’apprentissage et roman d’amitié avec petites trahisons et grande fidélité, voilà une lecture «3 en 1» parfaite à mettre dans sa valise. Sans tomber dans le piège des clichés de la fiction sentimentale, la romancière (qui publie pour la première fois) réussit à tisser des liens complexes entre ses personnages, dont elle nous fait visiter les différents univers. L’occasion de s’initier au rythme effréné des financiers de la City, de suivre l’ascension d’un DJ pas très clean et d’assister à la carrière d’un physicien spécialisé dans l’accélération de particules.

Le truc en plus: on y croise un Darcy aussi secret que celui de Jane Austen dans Orgueil et Préjugés et aussi séduisant que celui d’Helen Fielding dans Bridget Jones.

  • Un été invincible, Alice Adams, 352 p., Éd. Albin Michel.

3L’appel du large

Malgré de brillantes études universitaires en «Scribouillard et sémiotique», Bogart court toujours derrière les petits boulots. C’est avec enthousiasme qu’il accepte le poste de gardien de phare que lui propose l’Office d’accommodation des vieux diplômes, une agence pour l’emploi aux méthodes étonnantes et aux sympathiques secrétaires (il est tombé amoureux de l’une d’elles). Il faut dire que l’annonce de l’arrivée prochaine de la mer dans la petite ville où il habite représente un espoir sans précédent pour tous les «universiteux» au chômage de son espèce. Installé dans son nouveau logement de fonction, Bogart observe les grands bouleversements qui l’entourent. Une fable déjantée et poétique à la Boris Vian qui traque avec légèreté les travers de notre société.

Le truc en plus: l’auteur (un Belge) a glissé dans son texte quelques trouvailles désopilantes: une machine à fabriquer des rondelles inutiles, un mode de transport fonctionnant au gré des manifs, une sortie sans achat impudique et punitive, une zone kiss & ride aux effets surprenants

  • La station balnéaire qui attendait la mer, Bertrand Menut, 195 p., Éd. Paul & Micke

Plus de conseils lecture: