À court de bonnes lectures? Notre journaliste vous présente ses nouveaux coups de coeur littéraires. Suspens garanti! Par Paloma de Boismorel.

 

NOS CORPS ALCHIMIQUES

Le torturé Aniss et la douce Sarah se retrouvent sur un quai de gare en Italie. Ils ont été invités par Camille pour des retrouvailles qui s’annoncent explosives. Tous les trois se sont connus, aimés et déchirés. Pourquoi continuer à souffrir chacun de son côté ? Camille leur propose de fusionner afin de retrouver leurs corps alchimiques et de révolutionner le monde vivant. Scénarisé et dessiné par le surdoué Thomas Gilbert, ancien élève de Saint-Luc à Bruxelles, ce roman graphique nous propose une expérience initiatique à la limite de la folie. Hypnotisé par la puissance et la violence des images, on décolle après quelques pages avec le sentiment d’avoir ingéré par mégarde des champignons hallucinogènes.

  • NOS CORPS ALCHIMIQUES, THOMAS GILBERT, 240 P., ÉD. DARGAUD.

CE N’ÉTAIT QUE LA PESTE

En 1939, l’URSS a fait face à une épidémie de peste. Échappé d’un laboratoire de recherche à la suite d’une erreur de manipulation, le virus a été éradiqué en quelques jours grâce à l’efficacité zélée et systématique de la police stalinienne. Reprenant cet épisode resté longtemps secret, la romancière russe Ludmila Oulitskaïa en a fait un texte court et ironique. À travers cette anecdote historique, l’opposante au Kremlin traduite et lue dans le monde entier souligne avec malice la prédominance de la terreur politique sur la menace de la maladie et la mort elle-même. Une fable politique qui résonne avec force dans ce contexte
de pandémie et de crise démocratique.

  • CE N’ÉTAIT QUE LA PESTE, LUDMILA OULITSKAÏA, 144 P., ÉD. GALLIMARD.

Debout dans l’eau

C’est l’été, mais dans la maison plane la mort prochaine du grand-père, allongé à l’étage. Rien ne peut empêcher la narratrice, 11 ans, d’enfiler son maillot de bain rouge, de se baigner dans l’étang au milieu des carpes, de ramasser des groseilles à maquereau ou d’aider sa grand-mère à faire des confitures. Pas la peine d’inviter des cousins « stupides » pour jouer, la fillette a suffisamment de rêves et d’activités pour s’occuper dans ce grand jardin où sa mère semble l’avoir oubliée depuis quelques années déjà. Ce premier roman d’une auteure belge nous envoûte par sa sensualité qui nous renvoie avec force à l’éternité de nos étés d’enfant.

  • DEBOUT DANS L’EAU, ZOÉ DELEYRN, 140 P., ÉD.du Rouergue

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