À court de bonnes lectures? Notre journaliste épingle 3 nouveautés ou classiques à redécouvrir pour vous inspirer. Par Paloma de Boismorel.

Double vie

Nouk a 13 ans quand elle décide qu’elle ne mangera que le minimum et ne grandira plus. Cette étrange résolution lui donne une énergie insoupçonnée et une acuité nouvelle sur le monde. Rapidement, la lutte ne se joue plus contre les crêpes mais contre les autres. Menteuse, voleuse et parfois cruelle, Nouk se découvre une âme de guerrière. Séparée de ses soeurs adorées et trahie par ses parents, la jeune fille est internée dans une chambre vide d’espoir et de livres. À l’occasion de leurs 30 ans, les éditions de l’Olivier republient quelques-uns de leurs livres phares, dont ce récit autobiographique sur l’anorexie paru en 1994. On est loin de la mièvrerie des jeunes filles en fleurs.

  • PETITE, GENEVIÈVE BRISAC, 128 P., ED. DE L’OLIVIER

Rebelles

Qu’ont en commun la chanteuse Amy Winehouse, la militante Louise Michel, l’artiste Niki de Saint Phalle et la philosophe Simone Weil ? Un destin souvent tragique, oui, mais aussi et surtout le goût de l’absolu. Les auteurs de ce recueil biographique qui réunit onze portraits de femmes libres nous font revivre leurs luttes et leurs espoirs avec le sentiment d’avoir trouvé en elles de fascinantes grandes sœurs. Au fil des chapitres et des esquisses d’Atiq Rahimi (Goncourt 2008), on croise des icônes comme Marilyn Monroe ou Billie Holiday et des silhouettes moins connues, comme celles d’Adèle Hugo, la fille du grand écrivain, et de la psychiatre Sabina Spielrein, dont le travail a influencé Freud.

  • LES INCOMPRISES, LAURA EK MAKKI ET PIERRE GRILLET, 190 P., ÉD. MICHEL LAFON.

Sortie du néant

« Qui se souviendra d’Olga ? », se demande Hanne en tombant sur l’avis de disparition de cette inconnue croisée à plusieurs reprises. Dans un défi à l’oubli et à l’insignifiance, la narratrice imagine l’existence d’Olga. Au cours d’une enfance entre une mère et une grand-mère muettes, la petite fille survit grâce aux pages colorées des magazines, à la bienveillance de l’instituteur et à la présence d’un jeune homme énigmatique. Envoyée dans un pensionnat plus sinistre encore que la ferme familiale, Olga doit faire face à ses démons. Un premier roman d’une auteure belge écrit dans une langue émouvante et imagée.

  • OLGA, OU LA FRAGILITÉ DE L’INSOUCIANCE, CATHERINE MEEÙS, 107 P., ÉD. ACADEMIA.

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