Une intervention esthétique, souvent, ne fait pas de différence qu’à l’extérieur. Laurine, 27 ans, nous raconte l’intervention qui l’a aidée à se battre contre l’obésité.

LE TÉMOIGNAGE DE LAURINE

L’obésité est ancrée dans la famille. Mes parents m’ont dit dès mon plus jeune âge que je devrais manger moins, sinon, ça se retournerait vite contre moi. À la puberté, j’ai vraiment commencé à gonfler. J’ai fait beaucoup de sport, mais j’ai aussi beaucoup mangé. Comme mes parents étaient stricts là-dessus, j’ai commencé à grignoter en catimini. En même temps, j’avais honte de mon poids. La nourriture est devenue un refuge émotionnel. Je mangeais quand j’étais heureuse, mais aussi quand j’étais triste. La nourriture avait en fait une place centrale dans mon quotidien. Mon surpoids jouait beaucoup sur mon manque de confiance en moi. Finalement, je n’étais pas du tout satisfaire de qui j’étais, je me comparais constamment aux autres, me demandant toujours ce que je faisais de travers. Il y a quelques années, j’ai aussi eu des problèmes de santé à cause de mon poids. Mes genoux et mes pieds me faisaient mal, je me sentais complètement déformée. Je pesais 110 kilos pour 1,69 m, c’est beaucoup. Je n’osais pas avoir des relations avec des garçons de mon âge, je fréquentais des hommes plus âgés parce que je sentais qu’ils me regardaient au-delà de mon poids.

“Avec un bypass, votre estomac est réduit à environ cinq pour cent de sa taille d’origine”

Quand j’ai eu 23 ans, j’ai décidé de me prendre en main. Je voulais réaliser un bypass, un court-circuit gastrique. Mon copain de l’époque me l’a déconseillé, me répétant que j’étais très bien comme j’étais. Ce n’est qu’à la fin de notre relation que j’ai décidé de persister. Si je voulais le faire, c’était pour moi et pour personne d’autre. Pourtant, j’ai douté pendant longtemps. Un bypass gastrique est une procédure majeure. Je connaissais un certain nombre de femmes qui l’avaient fait, mais à cause de toutes ces histoires horribles sur les saignements et les complications, je n’ai pas osé tout de suite. Avec un bypass, votre estomac est réduit à environ cinq pour cent de sa taille d’origine et votre duodénum et votre petit intestin sont détournés. Votre corps devient donc incapable d’ingérer autant de nourriture qu’avant. Au final, j’ai franchi le pas après la fin de l’été. En premier lieu à cause de ma santé, mais aussi à cause du diktat général de la minceur. Parce que c’est toujours le cas, peu importe comment vous le tournez, vous devez paraître sous votre meilleur jour vis-à-vis de la société. Et quand vous êtes plus ronde, c’est souvent considéré comme laid.

“Au lieu de ressentir le besoin de vider un sac de chips, je me contente d’une poignée.”

J’ai maintenant perdu 18 kilos et c’est déjà un monde de différence. Je me sens mieux, plus en forme et plus heureuse. Je peux à nouveau manger de tout, même boire un verre de vin et en profiter sans culpabiliser. Au lieu de ressentir le besoin de vider un sac de chips, je me contente d’une poignée. Je n’ai pas de poids cible en tête, je veux juste me sentir bien. Et je m’y tiens, vraiment. Pourtant, je ne vois aucune différence avec le passé. Certains disent que j’ai perdu beaucoup de poids. Mais moi, dans le miroir, c’est encore la fille trop grosse que je vois. J’ai peur que ce soit l’image négative que j’ai de moi-même qui prenne le dessus. Parfois, j’ose porter des vêtements un peu moins amples, c’est une première victoire. Ça va progressivement. Dans l’ensemble, je suis très heureuse d’avoir persévéré, même si j’ai peur de manger trop à nouveau. Mais avec l’aide de mes proches et d’une diététicienne, j’espère maintenir ce style de vie. »

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