Après avoir lu Fatigue: et si on apprenait vraiment à se reposer?, notre journaliste a changé de point de vue sur son épuisement. Et recueilli pour vous les meilleures idées pour faire de vos vacances un nouveau point de départ, même si vous ne partez pas.

Pour récolter les meilleurs conseils, nous avons programmé un rendez-vous avec Léonard Anthony, auteur, avec le médecin Adrian Chaboche, de Fatigue: et si on apprenait vraiment à se reposer? (éd. Flammarion-Versilio). La quatrième de couverture nous avait déjà secouées: «30 000. C’est en moyenne le nombre de jours que nous passons sur Terre. En connaissance de cause, souhaitons-nous vraiment continuer à épuiser nos journées en les enlisant dans des habitudes contraires à notre épanouissement?»

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Accepter sa fatigue

Le livre nous invite à une philosophie très différente de nos réflexes innés: l’abandon. Léonard Anthony suggère une expérience totale et audacieuse: « En cessant de craindre et de subir la fatigue, en allant à sa rencontre plutôt que de l’ignorer apparaît une autre possibilité. Celle d’en faire une composante de notre vie et non plus un obstacle sur lequel nous trébuchons sans cesse. Car en réalité, la fatigue est en général une alliée qui nous signale qu’il est temps de ralentir, de faire une pause, de s’arrêter avant que notre tête succombe au poids de nos inquiétudes et que notre corps lâche. »

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Ne pas vouloir « réussir ses vacances »

« Je reçois parfois des personnes qui souhaitent carrément que je les aide à ‘réussir un week- end’! Je les invite plutôt à abandonner cette idée de performance. Les départs sont déjà liés à différents facteurs de fatigue: la pression qu’on se met avant, en s’activant sur les sites de réservation et les comparateurs de vols. Puis le fait de devoir anticiper notre absence, la tonne de boulot à abattre avant de s’absenter. En vacances, il y aura ensuite une forme de décompensation, qui peut provoquer chez certains des effets désagréables, comme des maux de dos soudains. Le tout mêlé à l’envie de ‘réussir son séjour’, notre smartphone jamais bien loin, nous empêchant de déconnecter et nous donnant peut-être l’envie de partager nos meilleurs repas sur Instagram. Sans compter que les derniers jours des vacances seront parfois absorbés par l’anticipation du retour. Quelle fatigue! »

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Réduire ses exigences

« J’invite plutôt chacun à intégrer la nonchalance et l’improvisation. L’été dernier, nous partions en vacances en Inde, avec ma femme et mes enfants. J’ai décidé qu’on allait tous donner un peu de repos à nos portables. Bien conscient que la relation que mon fils ado a avec son téléphone n’est pas la même que la mienne, j’ai invité chacun à voir ce qui serait acceptable pour lui, à redéfinir lui-même ses propres règles. Moi, j’ai décidé de le consulter une fois par jour. En tant que chef d’entreprise et praticien de ma technique d’au- to-développement, ça suffisait. En vacances, on a tout intérêt à revoir nos exigences vis-à-vis des autres. En tant que parents, on a des règles pour nos enfants, comme manger à table, finir son repas… En vacances, je décide de me détacher de la fatigue liée à ces injonctions-là et de plutôt passer du temps avec mes proches, les regarder. Les enfants prennent deux heures pour manger? OK, très bien. On arrête de se mettre la pression là-dessus. »

‘Faire de sa fatigue une alliée quand on sent qu’on ne va plus être présent, ce n’est pas en contradiction avec l’efficacité’

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Explorer les causes de sa fatigue

« Si, en vacances, vous ressentez que vous n’avez pas envie de rentrer, de retrouver cette pression, je vous invite à observer les causes de votre fatigue. La pression que vous subissez, qui vous la met? Parfois, c’est soi-même — pas toujours, bien sûr, car il y a de vrais cas de maltraitance au travail! Que pouvez-vous déjà changer dans votre écosystème?

Au boulot comme dans votre vie privée: décloisonnez! Je pense à cette personne qui aimait faire du sport mais qui avait arrêté pour se consacrer à son travail et à sa famille. Il lui a suffi de le réintégrer pour rééquilibrer l’ensemble de son énergie. Ça marche aussi avec la musique, la cuisine… Parfois, ajouter quelque chose permet d’oxygéner la situation ».

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Apprendre à « faire rien »

« Oui! J’ai une règle, il y a une décision que j’ai prise (n’y voyez pas de la «volonté»): tous les jours, à un ou plusieurs moments, je ne fais rien, ou plutôt je fais « rien ». Par exemple, dans le métro, je tiens la barre, la rame est bondée et je ferme les yeux, je laisse tomber ma tête, je sens mon corps « faire rien », je profite de ce temps pour revenir à moi, je me repose. Il m’arrive même, quand on est soudain trop nombreux dans mon bureau, quand je frôle la surchauffe, de dire à tout le monde: « Écoutez, je prends une pause. Faire de sa fatigue une alliée chaque fois qu’on sent qu’on ne va plus être présent, plus en contact, plus avec soi et donc plus avec l’autre. Et ce n’est même pas en contradiction avec l’efficacité, la productivité. »

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GAEL en juillet 

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