Reprendre les études sur le tard, il faut vraiment le vouloir. Coincer des cours et des blocus intensifs entre un travail et une vie de famille demande une motivation extraordinaire. Pour nos témoins, retrouver le chemin de la passion a été une question quasi vitale. Photo: Liesbet Peremans.

Son travail dans le marketing lui laissait un goût de trop peu: elle a repris des études de psychothérapeute, puis un master en psychologie à l’UCL. Voilà le témoignage d’Astrid, 47 ans.

« Je gagnais bien ma vie, j’avais des responsabilités »

« Après mes études en sciences économiques et en communication à Louvain-la-Neuve, j’ai travaillé dans des bureaux de communication, en marketing et en promotion. J’ai beaucoup appris et vécu de belles années mais après 8 ans, j’ai doucement commencé à en sentir les limites. La vie, c’était quand même bien plus que la vente, le service clients et des objectifs marketing… Je gagnais bien ma vie, j’avais des responsabilités, un mari, une maison et entretemps deux enfants, mais je sentais de plus en plus qu’il me manquait quelque chose d’essentiel : la sensation d’être utile, de trouver du sens à ce que je faisais, d’apporter quelque chose aux autres. Ce sentiment a pris de plus en plus de place, j’ai commencé à me sentir moins bien, à manquer de motivation et de confiance en moi. Il fallait que je change quelque chose.

Le déclic

Je suis allée voir un psy. Un nouveau monde s’est ouvert à moi. J’ai non seulement compris énormément de choses sur moi-même, mais j’ai trouvé son approche thérapeutique, la psychothérapie analytique et existentielle, hyperintéressante. Cela me stimulait clairement plus que le monde commercial. J’ai décidé de m’y former. Comme je travaillais, je n’avais pas la possibilité d’étudier à temps plein. J’ai donc suivi une formation étalée sur 4 ans, à raison d’un week-end par mois. Avec ce diplôme, j’ai pu me lancer comme psychothérapeute indépendante et j’ai ouvert mon cabinet. Mais j’ai compris qu’il me fallait encore autre chose : pendant un stage, j’avais travaillé dans un hôpital psychiatrique et ça m’avait énormément portée.

Retour sur les bancs d’école

À côté de mes consultations privées, je voulais aussi travailler en équipe, échanger avec des collègues et collaborer à un objectif commun. Pour cela, mon diplôme de psychothérapeute ne suffisait pas : il me fallait un master universitaire de psychologie. Par ailleurs, la réforme de Maggie De Block sur la psychothérapie resserrait encore les conditions pour pouvoir se qualifier de “psychothérapeute”. Retour sur les bancs ! Voilà comment je me suis retrouvée à 43 ans à la fac de psycho à Louvain-la-Neuve, au milieu d’étudiants de l’âge de ma fille aînée. Ces 4 années ont été très intenses : les cours, les travaux, les blocus (en même temps que mes ados) ! Heureusement, ma motivation était si forte que je n’ai éprouvé aucun problème pour engloutir les syllabi.

« Mon expérience d’adulte, de maman, m’a aidée à comprendre profondément la matière. »

Ça m’a plu, dans le fond, de me retrouver entre des jeunes au début de leur existence alors que j’avais déjà traversé la moitié de la mienne. Mon expérience d’adulte, de maman – entre-temps de trois enfants –, m’a en outre aidée à comprendre profondément la matière. Il m’a fallu être extrêmement organisée pour pouvoir tout mener de front. D’autant que j’ai continué à travailler, à temps partiel, à la fois dans le marketing et en tant que psychothérapeute en cabinet privé.

J’ai choisi de consacrer mon mémoire aux troubles de l’attachement chez l’enfant, un sujet qui m’intéresse particulièrement depuis un stage dans une institution pour enfants avec troubles du comportement. Et là, justement, ils viennent de m’offrir de m’engager à mi- temps ! Les étoiles s’alignent ! Je me félicite d’avoir fait ce choix, il y a 5 ans, de retourner à l’université. Cela a marqué un changement profond de ma vie, je me sens à nouveau utile et épanouie. »

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