Des sens en effervescence et un instinct surdéveloppé : cette description qui semble tout droit tirée d’une BD Marvel est en fait une réalité qui concerne entre 12 et 20 % de la population. L’hypersensibilité est un trait de personnalité inné, au même titre que l’intro- ou l’extraversion. Elle n’est pas seulement imprégnée dans les gènes, elle influence aussi la manière dont va fonctionner le cerveau.

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Pourquoi nait-on hypersensible?

« Le cerveau est doté de cellules spécialisées appelées “neurones miroirs”, responsables de l’empathie et de la compassion », explique la psychiatre américaine Judith Orloff dans son livre Hypersensible et épanoui. « Des études montrent que les hypersensibles ont des neurones miroirs hyperactifs, ce qui explique qu’ils ressentent une empathie exacerbée. » Cette spécialiste de l’hypersensibilité et de l’hyperempathie a découvert que les cerveaux des personnes hypersensibles traitent les informations de manière plus profonde, provoquant ainsi une sensation de surstimulation et de vives émotions en réaction.

Alerte surcharge!

D’après Judith Orloff, les personnes hypersensibles craignent souvent de sortir de leur zone de confort. Elles prennent beaucoup plus de temps à se décider car elles ont besoin d’analyser la situation en détail et de mesurer les risques avant de se prononcer. De prime abord, le « supercerveau » de l’hypersensible semble une bénédiction, mais il implique une surchauffe constante : un cerveau en ébullition qui croule sous les informations communiquées par des sens exacerbés. Ainsi, de nombreux hypersensibles ont du mal à ne pas se sentir noyés par le flux d’informations. Une petite partie d’entre eux développeraient même des troubles liés au stress.

plus l’entourage est conscient de cette différence, plus la personne se sentira épanouie. Par ailleurs, un hypersensible qui s’ignore se sentira encore plus vulnérable

Si l’hypersensibilité est innée et héréditaire, elle est aussi influencée par notre environnement. Elaine Aron, une psychologue américaine, a souligné l’influence de l’éducation, des loisirs ou encore de notre vie sociale sur notre degré d’hypersensibilité. D’après l’experte, plus l’entourage est conscient de cette différence, plus la personne se sentira épanouie. Par ailleurs, un hypersensible qui s’ignore se sentira encore plus vulnérable. « Une des clés du bonheur quand on est hypersensible, c’est de se ménager assez de moments pour soi. Cela apaise le système nerveux et diminue la surcharge sensorielle», affirme Judith Orloff. Si un hypersensible gère son quotidien sans prendre conscience de ses besoins, il risque de se retrouver rapidement à court d’énergie, voire de craquer nerveusement. Les hypersensibles ont donc tout intérêt à adapter leur quotidien.

UN MONDE MEILLEUR

Bien que ce trait de caractère soit souvent associé à des défauts comme la fragilité, l’émotivité, l’instabilité émotionnelle, il offre de nombreux aspects positifs. Les personnes hypersensibles regorgent de créativité, sont dotées d’une empathie très développée et sont toujours à l’écoute. Un constat souligné par la psychiatre Judith Orloff : « Les hypersensibles ont pour vocation de rendre le monde plus beau. L’empathie est une force, pas une faiblesse. Que tous ceux qui ont l’air différent, se sentent différents ou pensent différemment soient loués. Le monde a besoin de leur différence. »

3 BOUQUINS POUR ALLER PLUS LOIN

  • Hypersensible et épanoui : 365 jours pour faire de votre sensibilité une force, Judith Orloff, éd. Leduc.
  • Aimer quand on est hypersensible : comprendre et mieux vivre vos relations quand le monde vous dépasse, Elaine Aron, éd. Leduc.
  • Un cœur gros comme une maison, Ilse Van Den Daele, Linda T’Kindt, éd. De Boeck.

Reprenez le dessus sur vos émotions