Bien sûr, les conseils beauté des magazines ou des sites spécialisés sont précieux. Mais quand on peut s’inviter directement dans la salle de bains des pros du secteur, c’est un peu comme pénétrer dans le Saint des saints de la cosmétique. PAR SOPHIE ALBRECHT.

Alex Steinherr, influenceuse et Queen de la beauté

Alex est la directrice beauté du site anglais du magazine Glamour. Elle est aussi l’une
des influenceuses les plus en vue du moment. Elle collabore avec de nombreuses marques. Le rouge à lèvres qu’elle a créé avec M.A.C a été sold out un jour à peine après son lancement. Son tout nouveau projet est une ligne de soins accessible pour Primark.

 

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LA RÈGLE ABSOLUE: LA DISCIPLINE

«Le secret d’une belle peau? Je dirais que l’héritage génétique entre en ligne de compte, tout comme les petits rituels du quotidien. Pour ma part, je n’utilise pas des centaines de produits. Je m’en tiens aux basiques que j’applique de manière correcte et régulière. Je crois que tout est une question de discipline. Je me lève à 5 h 30. Je prends d’abord soin de ma peau, puis je bois un grand verre d’eau. Je me prépare ensuite du café et je lis pendant 30 minutes. Les réseaux sociaux font partie intégrante de mon métier, mais je ne veux pas en devenir esclave. J’ai donc décidé de lire une demi-heure par jour. Une manière de nourrir mon cerveau. Je lis des biographies et des ouvrages de développement personnel qui m’aident au quotidien.»

« Acheter un produit qui ne coûte que quelques euros mais qui n’est pas bon, ce n’est pas une économie. »

NE VOUS FIEZ PAS AU PRIX

«Avant, dans mes articles web, il m’arrivait de m’enthousiasmer pour des produits très chers. Mes lecteurs ne manquaient pas de  me faire remarquer que tout ça ne cadrait pas vraiment avec leur budget. Comme je suis loin d’être snob, ces réactions m’ont fait réfléchir. Je ne conseillerai jamais un produit qui ne m’a pas complètement convaincue. Acheter un produit qui ne coûte que quelques euros mais qui n’est pas bon, ce n’est pas une économie. Cela dit, je suis convaincue qu’il est possible de créer des cosmétiques de qualité à un prix accessible. J’ai pu convaincre Primark qu’il y avait quelque chose d’intéressant à faire à ce niveau. Ils m’ont confié la création d’une nouvelle ligne. J’étais évidemment aux anges. Je ne suis évidemment pas chimiste, mais je sais très exactement ce que j’attends d’un produit. Nous avons développé chaque formule en partant de zéro. Je peux donc vous citer avec précision tous les ingrédients qui les composent. Je n’ai pas créé cette ligne juste pour moi. Elle cible avant tout les personnes qui ne s’intéressent pas particulièrement aux cosmétiques ou dont le budget n’est pas extensible.»

 

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FAITES PREUVE DE DOUCEUR

«Je n’ai voulu utiliser aucun parfum, huile essentielle, colorant, sulfate, parabène ou alcool dans mes produits. Toutes ces substances peuvent engendrer des irritations. J’ai aussi évité les pots, plus sujets à la transmission de bactéries que les tubes. Les 20 produits de la gamme sont facilement combinables entre eux. Certaines personnes pensent encore que les produits fortement concentrés en principes actifs sont plus efficaces. Or, tout ce qu’ils peuvent engendrer, c’est une irritation de la peau. Le plus important, c’est de protéger votre barrière cutanée et de veiller à ce qu’elle reste saine. À moins d’être une experte en cosmétique, il est fortement déconseillé de mélanger plusieurs produits fortement concentrés. Chaque ligne développe ses propres ingrédients actifs, dont des substances calmantes comme l’acide salicylique, la meilleure substance que je connaisse quand il s’agit de calmer les irritations. Le squalane est la seule huile que j’apprécie. Je suis aussi très fan du nicotina- mide, de l’acide hyaluronique et des antioxydants. Si les ingrédients sont évidemment importants, ce qui l’est encore plus, c’est le dosage, qui, si l’on veut obtenir des résultats, doit être juste.»

« Je continuerai à me battre jusqu’à ce que, dans les pubs, les mascaras soient présentés sur des femmes de 50 ans, plutôt que sur des filles de 15. »

OUBLIEZ LE CONCEPT D’ÂGE

«Je ne révèle jamais mon âge. Non pas parce que j’en ai honte, mais parce que je refuse qu’on me colle une étiquette sur base de la date de naissance inscrite sur ma carte d’identité. Le fait que je fasse ou pas mon âge ne change strictement rien à ce que je souhaite exprimer ou à mes connaissances. Vous ne me demanderiez jamais combien je pèse. Pour moi, c’est pareil. Dans le secteur de la beauté, on parle beaucoup de diversité, mais l’âge reste, je trouve, le dernier tabou. Je continuerai à me battre jusqu’à ce que, dans les pubs, les mascaras soient présentés sur des femmes de 50 ans, plutôt que sur des filles de 15. On la choisira d’abord parce qu’elle est belle, plutôt que parce qu’elle symbolise l’âge mûr et que la marque veut se conformer à l’une ou l’autre tendance.»

 

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BIEN DANS VOTRE PEAU

«Prendre soin de soi, ce n’est ni frivole, ni une preuve de narcissisme. L’impact psychologique est important. Je reçois souvent des messages de jeunes filles qui sèchent les cours ou déclinent des invitations à des fêtes sous prétexte qu’elles ont une poussée d’acné. Ça me touche. Je me souviens de comment je me sentais lorsque j’étais ado. Mes problèmes de poids me pourrissaient la vie. J’avais moi aussi tendance à rester terrée chez moi. Avec cette ligne, je n’ambitionne pas de changer le monde. Je souhaite juste minimiser l’impact négatif que peut avoir la peau sur le bien-être et l’assurance des femmes.»

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