Obsédée, Delphine? Oui, par l’amour, par la création. Animée aussi, par l’idée de liberté et celle de vivre pleinement. Obstinée, enfin, quand tout en elle travaille à être heureuse et à transformer le négatif en positif. Par Aurore D’Haeyer. Photos: Liesbet Peremans.

L’artiste nous reçoit chez elle, sans chichis ni blablas. Ses œuvres sont présentes partout, où que le regard se pose. Difficile d’ignorer qui vit ici. Impossible de nier son existence. Delphine est.

3 choses à savoir sur Delphine Boël

01

Le dessin, c’était une vocation

Oui, ça remonte à la petite enfance. Ma mère savait que je serais fille unique et elle adorait organiser de grands goûters avec cinquante enfants. Je recevais à chaque fois des cadeaux extraordinaires. Mais elle estimait que je n’avais pas besoin de tous ces présents et elle m’obligeait à offrir chaque jouet reçu à un autre enfant qui n’avait pas la chance d’être choyé. Pour moi, c’était un déchirement. J’avais droit aux crayons de couleurs et aux feuilles à dessin, c’est tout. J’ai donc dessiné très tôt et beaucoup. Comme ma mère était quelqu’un d’assez angoissé et que ce sont des émotions que les enfants perçoivent très fort, je faisais des dessins colorés et joyeux. Pour contrer cette angoisse que je ressentais. Je créais mon propre monde plein de joie, de couleurs…

02

 La Belgitude, elle en pense…

D’abord, je me sens belge. J’ai grandi dans une ville internationale. Londres, ce n’est pas vraiment anglais, on rencontre des personnes de toutes les nationalités et j’étais très fière de dire que j’étais belge dans ce contexte. Mais c’est vrai que je connais peu la culture belge, les auteurs, les cinéastes… Je suis plus sensible à la culture anglaise. Mais j’aime beaucoup ce que fait Philippe Geluck avec son Chat, par exemple.

03

Ses sources d’inspiration

Ce qui me parle le plus, c’est l’art brut. Les œuvres réalisées par des personnes qui ont des problèmes psychiques, par exemple. Un art qui part directement des tripes sans passer par la tête, voilà ce qui me touche. C’est ce que j’essaie de faire, travailler dans un état un peu obsessionnel. J’ai par exemple réalisé des œuvres avec ma bouche après avoir badigeonné mes lèvres de peinture. J’ai montré ces œuvres à des psys, mais ils m’ont dit qu’on voyait quand même que je n’étais pas complètement dingue. Ce qui m’a un peu frustrée (rires).

SON ACTU

20 octobre 2017. Delphine dirigera une masterclass au Mu.ZEE, à Ostende.

18 novembre au 31 décembre 2017. Exposition solo «Obsessed with Love» à la WM Gallery à Anvers (Wolstraat 45).

• 1er au 31 décembre 2017. Expo collective «Bleu d’art» à la Galerie Liehrmann à Liège (4 boulevard Piercot).

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