L’actrice belge nous épate dans Victoria et s’impose comme la nouvelle égérie du cinéma d’auteur. Rencontre avec une fille qu’on voudrait comme copine. Par Juliette Goudot.

À peine débarquée du festival d’Angoulême qu’elle a présidé cet été, on la retrouve à Bruxelles, fraîche et bronzée avec ce carré blond ondulé qui lui va si bien, prête à présenter l’avant-première de son nouveau film. Ce mois-ci déboule sur nos écrans Victoria, comédie romantique intello et sexy saluée au dernier festival de Cannes. En avocate au bord du gouffre entourée d’hommes immatures et mère de famille célibataire et sonnée, Virginie Efira nous a bluffés. On débriefe avec elle sur son ascension tranquille dans la jungle du cinéma.

Cette nouvelle reconnaissance critique, vous l’attendiez?

« En sortant de la télévision, j’avais bien conscience que ça n’était pas le cinéma d’auteur qui allait venir à moi, mais plutôt la comédie populaire. Je trouvais ça noble, mais c’est un genre qui ne me touche pas particulièrement en tant que spectatrice. J’ai essayé d’en faire quelque chose, je pense y avoir déjà réussi dans Vingt ans d’écart. Ici, je suis vraiment fière du film. Mais, pour répondre à votre question, je trouve la reconnaissance plus intéressante que la gloire. Avec la reconnaissance, il y a un échange. »

Jusqu’où iriez-vous pour un rôle?

« Si je sens que le metteur en scène a une réticence à mon égard, je ne ferai rien. C’est comme si un homme ne veut pas de moi: je ne vais pas me battre pour qu’il change d’avis! Il y a quelque chose d’insensé dans cette démarche. J’ai des côtés pas toujours sages, mais cette hystérie-là, je ne l’ai pas. En revanche, s’il a des doutes, je suis prête à discuter. J’aime l’idée qu’on puisse chercher. »

« je ne travaille pas un mystère qui ne me serait pas naturel. »

La célébrité, ça permet quoi?

« Je galère moins pour me faire prêter des robes! Le couturier australien Martin Grant m’a habillée à Cannes, j’adore sa ligne très structurée. Disons que je trouve que mon niveau de célébrité est assez chouette. Et puis, en tant que Belge, culturellement, je me sens proche des gens, car il n’y a pas chez nous ce côté hiérarchisé ou centriste comme en France. Et puis, je ne travaille pas un mystère qui ne me serait pas naturel. »

Que peut-on vous souhaiter?

« À 39 ans, j’ai enfin fait un film que je trouve fort. L’avantage avec Victoria, c’est que maintenant, je me sens moins complexée d’aller voir un metteur en scène avec une idée de film. Vous savez, plus que des rôles, j’ai surtout envie de faire de bons films. »

Retrouvez l’interview de Virginie Efira dans son intégralité dans le GAEL d’octobre, actuellement en librairie.

VICTORIA DE JUSTINE TRIET, EN SALLES LE 14 SEPTEMBRE. AVEC AUSSI VINCENT LACOSTE ET MELVIL POUPAUD.

Photo: (c) Meylan/H&K/Belga Image

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