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Prix littéraire Gael: l’avis du jury

Prix littéraire Gael: l'avis du jury

En septembre, les auteures étaient à l’honneur dans Gael. Pour clôturer cette sélection 100 % féminine, l’avis du jury sur Géographie de la bêtise, de Max Monnehay.

 

Delphine Motte

Pierrot trace sa route à travers la France pour créer un village réservé aux… idiots du village afin qu’ils puissent vivre en autonomie sans avoir à supporter le regard, les critiques, l’incompréhension des "autres". Parce que comme l’auteure le dit si bien : "Ce que l’on recherche chez l’autre, ce sont ces différences avec le reste de l’humanité qui nous sont communes".

L’écriture franche, parfois crue, dynamique et le rythme parfaitement balancé nous font traverser ce roman en un clin d’œil.

Un livre sensible qui nous tient jusqu’à la fin. Il a le mérite de nous faire partir en voyage au pays de la différence et de l’indifférence, qui nous fait voir la vie au travers du regard de "l’autre". À mettre dans votre bibliothèque absolument! Max Monnehay est sans conteste une auteure à suivre.

 

Catherine Hénaut

Une famille équilibrée, des enfants merveilleux, un travail épanouissant, un foyer accueillant, est-ce cela qu’on appelle "bonheur" ? Certains exclus pourraient trouver cet équilibre monotone et rechercher un autre paradis, en fondant un village d’idiots par exemple! Où tout ne serait que bêtise, absence de règles, d’organisation, de contraintes, bref un endroit où il ferait bon vivre, tout simplement.

Mais pour accéder au "paradis", vous devrez subir un test de Q.I. inversé afin de déceler si vous êtes bel et bien un "vrai" idiot.

Cette géographie de la bêtise, écrite à la plume acérée et grinçante, déborde d’une imagination débridée, empruntant un vocabulaire décapant, et des descriptions parfois à la limite du supportable. Déroutant de bout en bout mais un livre qui sort des sentiers battus et dont vous ne sortirez pas indemnes.

 

Nathalie Aubry

Si vous n’êtes pas dépressif, si vous ne craignez pas la dure réalité des choses, alors vous lirez ce livre de Max Monnehay avec intérêt!

C’est un roman noir, qui m’a fait découvrir un des aspects de notre monde. Dans un langage haut  en couleur et imagé, l’auteur nous présente l’univers des laissés-pour-compte, des gens que notre société a broyés, rassemblés dans un village.

Il faut parfois s’accrocher pour poursuivre la lecture au début mais cela en vaut la peine, car la fin, à la Roméo et Juliette où l’auteure laisse percer tout son lyrisme, est très touchante.

Anne Meyer

Pour être à l'abri des brimades et humiliations, Pierrot décide de fonder un village des "idiots" où ils pourront vivre en paix. L'idée plaît tellement qu'il y a rapidement plus d'élus que d'appelés: 74 "idiots" ont rallié l'aventure dont Bastien a la chance de faire partie. Mais rapidement, le village fait des envieux et attire des personnes qui n'ont pas les qualités pour s'y installer. Pierrot imagine alors de leur faire passer des tests, un peu particuliers, de quotient intellectuel inversé. N'entre pas au village qui veut! Jusqu'à ce qu'arrivent deux nouveaux prétendants, dont Elisa qui plaît beaucoup à Bastien, mais celle-ci est-elle réellement idiote ou plutôt simulatrice?

Max Mannehay est une jeune écrivaine et signe son deuxième ouvrage. Plus qu'un roman, on pourrait le considérer comme un pamphlet sur la société actuelle qui exclut trop facilement ceux qui sont différents ou veulent simplement vivre autrement mais sont loin d'être des idiots. Le titre "Géographie de la bêtise" intrigue et le livre déconcerte, interpelle et nous invite à plus de tolérance

Les phrases courtes, le style enlevé, des expressions percutantes et un rien d'argot donnent à ce roman un caractère différent et font de Max Monnehay une auteure avec laquelle il faudra compter.

 

Julie Matagne

Cela part d’une idée toute simple: le souhait fou de tout lâcher, de s’enfuir avec les gens qu’on aime dans une île au bout du monde, loin des fâcheux, loin des horreurs qui nous gâchent la vie. Mais qui, sinon un illuminé ou un idiot, tenterait-il l’aventure pour de vrai?

La jeune auteure Max Monnehay (oui, c’est une femme) embarque pour un coin de paradis une tribu d’inadaptés, d’écorchés vifs, de rêveurs incorrigibles. Et Bastien. Bastien qui n’a rien à faire là mais à qui l’on a répété depuis l’enfance qu’il n’était bon à rien. Quand est lancé à une heure de grande écoute à la télévision cet appel au rassemblement des idiots au sein d’un village libre, il se sent forcément concerné.

Max Monnehay, dont Géographie de la bêtise est le second ouvrage, fait preuve d’une joyeuse confiance envers le genre humain en décrivant l’harmonie anarchique de cette communauté insensée. Et si l’on comprend assez vite que cela va tourner mal, on est loin de se douter des rebondissements que l’écrivaine concocte avec finesse et une grande tendresse pour ses personnages.

Or, malgré une bonne histoire et des idées généreuses, le roman nous tombe des mains: les courts chapitres sont découpés de façon volontairement compliquée, et l’ensemble est rédigé dans un style "jeune paumé" assez pénible sur la longueur.

 

Géographie de la bêtise, Max Monnehay, Éd. Seuil

Prix GAEL/Libris en collaboration avec Libris Agora

A.D. et S.Z.