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Monica Bellucci, Bond Lady

Elle est l'incarnation de la beauté italienne. Mais elle n'est pas que ça. L'actrice se révèle aussi extrêmement drôle en interview, comme je l'ai constaté à Londres. Par Joëlle Lehrer

La productrice Barbara Broccoli m'a dit qu'elle rêvait de vous avoir dans un Bond depuis longtemps. Avez-vous eu d'autres opportunités avant celle-ci?

Cela remonte à vingt ans ou peut-être plus. Mais je dirais qu'à une autre époque, ma participation à cette franchise aurait eu l'air plus normale, plus banale. Aujourd'hui, au contraire, elle paraît exceptionnelle. Parce que j'ai 50 ans. Et cela fait un moment que je cherche un nom pour me présenter dans ce projet. J'ai pensé à James Bond Lady parce que, bien sûr, je ne suis pas une James Bond Girl.

Comment caractériseriez-vous votre personnage?

Sam Mendes, le réalisateur, est très intelligent, comme toujours. Sa manière de créer mon personnage va très en profondeur. Il a imaginé deux amantes différentes pour James Bond. Léa Seydoux représente la jeunesse, mais pas pour la jeunesse en tant que telle, plus pour la modernité. Une femme qui s'inscrit dans l'action et veut être l'égale des hommes. Lucia, mon personnage, représente le passé. Dans son monde, les hommes détiennent le pouvoir. Et elle ne sait pas comment y échapper. Le fait qu'elle soit Italienne n'est pas une coïncidence. (Rires.) Elle est comme un oiseau en cage, depuis tellement longtemps qu'elle ne sait pas comment en sortir. Mais lorsque James Bond arrive, elle comprend que grâce à lui, elle pourra s'envoler. Lucia est une veuve qui conserve bien des secrets. Son mafioso de mari a été tué et cela risque de lui arriver. La première fois qu'elle rencontre Bond, elle ne lui fait pas confiance. Jusqu'à ce qu'elle prenne conscience de son pouvoir féminin. (Rires.) Alors, elle se dit: «Peut-être pourrais-je m'en sortir?» (Rires.) Il y a un arrangement entre eux. Il s'organise pour la faire sortir d'Italie et lui garantit la sécurité. Et en échange, elle lui livre les informations dont il a besoin. Et ils trouvent une manière intéressante de sceller leur accord… (Rires.)

-"Spectre", de Sam Mendes, sort le 4 novembre.

Lire l'intégralité de l'interview dans le GAEL de novembre