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For Women in Science

67% des Européens interrogés pensent que les femmes n’ont pas les capacités requises pour accéder à des postes scientifiques de haut niveau. #ChangeTheNumbers

Le 24 septembre, 3 jeunes scientifiques étaient récompensées par les bourses belges de L’Oréal-UNESCO For Women in Science
 
Attribuées sous les auspices du Fonds de la Recherche Scientifique (F.R.S.-FNRS) et le Fonds voor Wetenschappelijk Onderzoek (FWO), ces bourses sont décernées tous les 2 ans à 3 jeunes femmes pour l’excellence de leurs travaux et leur engagement dans le domaine de la recherche scientifique
 
Pour cette 5e édition belge, le jury a choisi d’attribuer la bourse à An Beckers, Doctorante dans le groupe de recherche «Neural Circuit Development & Regeneration» de la KU Leuven, Noémie Deneyer, Doctorante à l’«Institute of Life Sciences» de l’UCL et Xenia Geeraerts, Doctorante au Laboratoire d’immunologie cellulaire de la VUB.  
 
D’une valeur de 60 000€ (30 000€ par an pendant 2 ans), cette subvention permettra aux jeunes scientifiques d’entamer leur doctorat. 
 
An Beckers s’est donné pour objectif d’aider des patients qui ont subi des dommages cérébraux en étudiant les mécanismes de régénération des neurones du système nerveux central (cerveau et moelle épinière) chez les poissons-zèbres. Noémie Deneyer cherchera quant à elle à mieux comprendre l’embryogenèse chez l’homme, tandis que Xenia Geeraerts se donne comme défi de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques (les cellules pro-tumorales) pour lutter contre le cancer.
 
Cette bourse, qui a pour objet de soutenir les carrières scientifiques au féminin, a malheureusement toutes les raisons d’être. La proportion de femmes dans la recherche scientifique est passée de 26% en 1990 à 29% en 2010. Aujourd’hui, à peine 30% des chercheurs dans le monde sont des femmes. Et seuls 3% des Prix Nobel scientifiques sont décernés à des femmes. 
 
Lors de la cérémonie de remise des prix, les résultats d’une étude de perception ont été présentés. Cette étude, menée en 2015 en Allemagne, Espagne, France, Italie et au Royaume-Uni, par la Fondation L’Oréal, en collaboration avec OpinionWay, visait à mettre en lumière les causes des disparités auxquelles les femmes sont confrontées dans les domaines scientifiques et d’identifier les blocages auxquelles elles font face dans leur progression professionnelle. 
 

Les préjugés ont la vie dure

Il en ressort que les préjugés sont encore très ancrés: pour 67% des personnes interrogées, si les femmes n’accèdent pas à des postes scientifiques de haut niveau, c’est par manque de capacité. Elles seraient dépourvues de persévérance pour 11% des sondés, d'esprit rationnel (9%), d'esprit pratique (8%), de rigueur (7%), d'esprit scientifique (7%) et d'esprit analytique (6%). 89% des personnes interrogées estiment en outre que les femmes ont des aptitudes pour tout sauf la science.
 

Grand écart entre perception et réalité

Par ailleurs, si les a priori ont la vie dure, on observe également une réelle sous-estimation du problème. Ainsi, les personnes interrogées pensent que les femmes sont beaucoup plus nombreuses en science qu’elles ne le sont en réalité. Selon la perception, 28% des plus hautes fonctions académiques au sein de l'UE seraient tenues par des femmes dans les matières scientifiques alors qu’en réalité, 11% de ces fonctions seulement sont occupées par des femmes.
 

Volonté de changement 

Plus encouragent, l’étude révèle également une volonté de changement par la société: 59% des sondés estiment l’évolution de la proportion de femmes dans la recherche scientifique choquante car trop lente. 63% des personnes interrogées aimeraient une parité dans les récompenses scientifiques. Il ressort également de l’enquête que la société est consciente des freins dont les femmes scientifiques sont victimes, des freins indépendants de leurs capacités: 49% des personnes interrogées pensent que les femmes font face à des blocages culturels, 43% pensent qu’elles sont bloquées par les hommes et 40% pensent que le management constitue un obstacle.
 
Le constat est implacable: pour changer la donne, il faut changer les mentalités. Ainsi, suite à l’enquête, la Fondation L’Oréal a lancé une campagne en ligne, #ChangeTheNumbers, visant à éradiquer les a priori.
 
Cette campagne est soutenue par Elizabeth Blackburn, Lauréate du programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science en 2008 et Prix Nobel de Médecine en 2009: «Pour avoir moi-même dû surmonter les préjugés tout au long de ma carrière, il me semble essentiel aujourd’hui de participer à ce mouvement de fond pour faire bouger les lignes durablement.» a-t-elle déclaré.
 
La campagne est à découvrir ici, et à diffuser; sans oublier le hashtag #ChangeTheNumbers lors de vos partages.