Le charme exotique et le confort européen réunis en une seule destination ? Nous les avons trouvés dans les Antilles françaises, désormais accessibles par vol direct, sur l’île colorée de la Martinique. Par Evy Van Elsacker, avec la collaboration de Charlotte Versele. Photos: Charlotte Van Noten.

La pluie et le froid de l’hiver… Pas pour nous ! Nous décidons de fuir la grisaille belge pour nous envoler vers l’île fleurie de la Martinique, aux couleurs exotiques et aux températures tropicales. Cette envie de dernière minute est tout à fait réalisable, car nous n’avons besoin ni de passeport ni de vaccin pour partir à la découverte de cette petite partie de la France nichée dans les Caraïbes. Lors du check in à Charleroi, nous réalisons tout à coup que si l’on reste effectivement en Europe, nous traverserons tout de même l’océan Atlantique — mais sans escale, avec la nouvelle compagnie aérienne Air Belgium. À bord, déconnexion immédiate : on passe en mode détente grâce aux sièges spacieux de l’avion et aux boissons et (très bon) repas inclus. Dix heures plus tard, nous atterrissons sous le soleil radieux des Caraïbes.

UN BOUT DE PARIS SOUS LES TROPIQUES

Sur le chemin de notre hôtel, on ne peut s’empêcher de remarquer que les autoroutes sont parfaitement asphaltées et que les panneaux de signalisation sont en français. Ici, tout semble européen, malgré le cadre tropical complètement dépaysant. Entre deux palmiers, on aperçoit un Carrefour et un Decathlon et les prix sont en euros. Mais ce sentiment de « comme à la maison » s’estompe rapidement à l’approche du manoir du 19e siècle qui nous accueille, le Domaine de Saint-Aubin, caché au milieu des champs de canne à sucre. La maison principale, avec son mobilier colonial, a gardé son charme d’antan et est entièrement entourée d’une terrasse avec vue sur la mer. Un cocktail à la main dans notre chaise longue, nous profitons pleinement de ce paradis créole.

Depuis notre point de chute, nous découvrons toute l’île. À commencer par une visite de Fort-de-France, la capitale de la Martinique, avec sa jolie digue. Le haut du Fort Saint-Louis nous offre un panorama magnifique sur cette ville animée. Dans le centre, nous visitons la bibliothèque Schœlcher, qui a d’abord été construite à Paris, puis démontée et embarquée sur un bateau pour être reconstruite pierre par pierre sous les Tropiques. Les livres ont été légués par Victor Schœlcher, journaliste et député du 19e siècle engagé contre l’esclavage et qui souhaitait faciliter l’accès à la lecture et à l’écriture pour les populations colonisées. La cathédrale, très originale, mérite elle aussi la visite. Son ossature métallique a été conçue selon les techniques employées en métropole par Gustave Eiffel et résiste aux ouragans.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons au Jardin de Balata, un magnifique jardin botanique situé juste en dehors de la ville, encerclé par la forêt tropicale. La flore de cet endroit est magique ; balisiers et les broméliacées s’y déploient luxurieusement, au milieu des palmiers et au son des colibris.

BONHEUR À L’ÉTAT BRUT

Si l’île regorge de lieux à visiter, elle ne déçoit pas du côté des plages paradisiaques. Et le choix est vaste : le sud de la Martinique est parsemé de baies, de criques et de plages dorées. L’une d’entre elles, la plage du Diamant, répond à toutes nos attentes avec ses 3 kilomètres de sable blanc et de cocotiers. Et la ville côtière de Diamant n’a pas volé son nom : depuis le bord de mer, ce gros rocher noir que l’on aperçoit ressemble bien à un gigantesque diamant brut.

De nombreux habitants viennent ici pour pêcher. « Mais méfiez-vous du courant, il vaut mieux nager là où vous avez pied », nous met en garde un pêcheur, pendant que les rayons de soleil dansent sur la houle. Ici, tout est calme et apaisant, les locaux ne semblent pas connaître l’agitation. À l’extrême pointe sud de la Martinique se trouve la plage des Salines, un paysage de carte postale terriblement photogénique. Vous pouvez vous balader le long de son incroyable baie ou simplement vous allonger sous les palmiers tordus.

DIEUX DU SURF ET TOURISME VERT

Le lendemain, on se sent prêts à partir à l’aventure et à explorer la partie est de la Martinique, plus sauvage. Nous marchons sur la presqu’île de la Caravelle pendant une heure à travers la nature. Là, un panorama à couper le souffle se déploie autour de nous. Plus loin encore, tout au bout, se cache le Club Surf Up. Dans l’ombre, nous observons avec fascination le spectacle des dieux du surf locaux. La plus haute montagne, la montagne Pelée, avec ses 1 397 mètres d’altitude, est un point de repère pratique pendant notre trajet vers Sainte-Marie.

Le long des falaises et des plages noires, l’amoureux de la nature plus que le baigneur trouvera tout ce qu’il recherche de ce côté de l’île où le tourisme vert est florissant. Néanmoins, les plantations de bananes et de canne à sucre restent la principale source de revenus. Cette canne à sucre fournit également la matière première des sept distilleries de rhum agricole de l’île, dont Saint-James. Là, de mars à juin, après la récolte, vous pouvez observer comment la canne est pressée, puis comment le jus, bouilli, est transfomé en sirop brun et distillé en rhum.

Depuis le bourg de Sainte-Marie, un tombolo — une bande de terre — offre la possibilité de rejoindre à pieds secs l’îlet Sainte-Marie. Aujourd’hui, la mer est malheureusement trop agitée pour la traversée. Nous terminons donc notre voyage par un déjeuner au restaurant Le Point de vue, à Sainte-Marie. La terrasse au toit de chaume nous offre une belle vue sur les palmiers et la mer au loin. Le menu propose des plats créoles typiques : pieuvre, poulet ou poisson accompagné de légumes, de riz et de haricots. Nous passons à l’heure martiniquaise et prenons notre temps pour le déjeuner, qui est ici le repas le plus important de la journée. La commune colorée et chaleureuse de Sainte-Marie, qui date du 17e siècle, laisse entrevoir plus d’habitants que de touristes. Plus besoin de vous le répéter : si vous aimez les plages tropicales sans tourisme de masse et que vous souhaitez bénéficier du confort européen à un prix abordable, alors la Martinique est faite pour vous. Nous, on reviendra !

LA MARTINIQUE EN PRATIQUE

Y ALLER

Pour voyager, votre carte d’identité est suffisante et les vaccins ne sont pas nécessaires. La Martinique est une région tropicale de la France située dans les Caraïbes, au sud-est de la République dominicaine.

Air Belgium vous mène directement de Charleroi à la Martinique en dix heures. Vous avez le choix entre un siège confortable en classe économique, un siège plus grand et un environnement plus calme en classe premium et un siège qui se transforme en lit en business. Repas et boissons inclus. Au retour, comptez une escale en Guadeloupe. Billets à partir de 401 € aller-retour en classe éco / 739 € en classe premium. Compensez les émissions de CO2 de votre vol via FlyGreen.

À QUELLE PÉRIODE ?

En Martinique, il fait toujours environ 28 °C, avec une douce brise marine qui rafraîchit. Basse saison touristique : de mai à juin et de septembre à octobre. D’août à novembre, des ouragans peuvent survenir.

LOGEMENT DE CHARME

Des chambres d’hôtes aux hôtels 5*, il y en a pour tous les goûts. Le Domaine de Saint-Aubin, sur la côte est, à cinq minutes des plages, offre un hébergement de charme. Vous avez le choix entre des suites, des villas et des bungalows. Les plus belles chambres se trouvent au premier étage de cet authentique manoir situé au milieu des champs de canne à sucre, avec son mobilier colonial et une gigantesque terrasse avec vue sur mer.

CHAMBRE AVEC TERRASSE ÀPD 124 €/2 PERSONNES.

PLUS D’INFOS: WWW.MARTINIQUE.ORG. BE.FRANCE.FR/FR/MARTINIQUE.

PLUS DE VACANCES: