Contrairement aux apparences, ce qu’elle a de plus intime ne se trouve pas dans son sac à main. Cette besace à peine plus petite qu’un sac Ikea ne la quitte jamais. Dedans, un bordel monstre et son téléphone, sur lequel elle écrit ses romans.

L’ADN de Myriam Leroy

Comme au Théâtre de la Toison d’Or où se joue sa nouvelle pièce, ADN, enclenchez la musique du Roi lion : « C’est l’histoire de la vie… » La sienne. Pour connaître Myriam Leroy, autrice, journaliste et réalisatrice, il faut savoir la lire entre les lignes. « Ah bon ? J’ai pourtant l’impression de ne pas dire grand-chose de moi. Il me semble que certains événements que j’ai vécus peuvent constituer un bon point de départ à un récit. Mais je suis super pudique, donc je mesure ce que je donne et comment je le fais. Je ne me lance pas dans une catharsis. »

Sa pièce ADN est peut-être pourtant son travail le plus intime. En 2017, ses parents la convoquent, avec sa sœur. Ils ont quelque chose d’important à leur dire. « Ils nous ont annoncé que notre père n’était pas notre père biologique. Ça a été un vrai coup de tonnerre dans un quotidien que je pensais épargné par ce genre de questions. À l’instant même où ils nous l’ont dit, j’ai su que pour ne pas perdre la boule, il me fallait considérer cette annonce comme une matière de travail, pour la mettre à distance. »

“Tous les enfants de donneurs que j’ai rencontrés pour pouvoir écrire ce spectacle m’ont dit que l’infertilité de leur père était un sujet très compliqué dans leur famille”

Trois ans de travail plus tard, voici ADN. La pièce traite de la PMA, la procréation médicalement assistée, à travers les témoignages d’enfants de donneurs : « Mais le thème, c’est l’identité, qu’est-ce qui fait qu’on est ce qu’on est ? La PMA concerne finalement une minorité, mais l’identité c’est un sujet qui nous confronte tous. On s’est tous fantasmé des racines plus ou moins exotiques, demandé si certains traits de personnalité venaient de notre éducation  ou de notre génétique. » Myriam Leroy n’a finalement pas découvert grand-chose sur la sienne. « Mais s’il y a bien quelque chose que le fait de travailler sur la question a suscité en moi, c’est un agacement, voire une révolte autour des tabous liés à la fertilité, en particulier masculine. Tous les enfants de donneurs que j’ai rencontrés pour pouvoir écrire ce spectacle m’ont dit que l’infertilité de leur père était un sujet très compliqué dans leur famille. Il semblerait qu’il y ait une confusion entre infertilité et impuissance. La raison pour laquelle ADN est une pièce de théâtre et pas un documentaire, c’est parce que mes témoins ont tous demandé l’anonymat, pour protéger leurs parents, surtout leur père. » Rien de très drôle, a priori. Contrairement à la pièce. « Attention, ça n’est pas qu’une comédie, il y a des moments poignants. On a essayé de faire un spectacle un peu comme la vie, avec des moments où on se tape de rire sur les cuisses et d’autres ou on est émus. Et quand on y pense, beaucoup d’ingrédients classiques du vaudeville sont réunis : des secrets dans le placard, des mystères sur la filiation. On a juste évité de forcer le trait. »

Le contenu intégré souhaite enregistrer et/ou accéder à des informations sur votre appareil. Vous n’avez pas donné l’autorisation de le faire.
Cliquez ici pour autoriser cela de toute façon

SON ACTU

  • ADN au Théâtre de la Toison d’Or, à Bruxelles, du 15/9 au 22/10.
  • En octobre, sortie de Out of Office, un recueil de nouvelles (collection Belgiques, Ker Éditions).
  • En janvier, sortie du roman Le Mystère de la femme sans tête (éd. du Seuil) et du podcast « La Poupée russe », tiré de ses recherches pour ce livre (sur les plateformes numériques de Tipik/RTBF).

Remportez vos places pour l’avant-première d’ADN

Envie de découvrir la pièce de Myriam Leroy sur scène au Théâtre de la Toison d’Or? Tentez vite votre chance sur notre page Instagram!

À GAGNER : 30 X 2 PLACES POUR L’AVANT-PREMIÈRE D’ADN LE MERCREDI 14 SEPTEMBRE À 19 H 30 AU THÉÂTRE DE LA TOISON D’OR. RENDEZ-VOUS VITE SUR NOTRE COMPTE INSTAGRAM @GAEL_MAGAZINE

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par GAEL Magazine (@gael_magazine)

Le contenu intégré souhaite enregistrer et/ou accéder à des informations sur votre appareil. Vous n’avez pas donné l’autorisation de le faire.
Cliquez ici pour autoriser cela de toute façon