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Habitat passif, basse et zéro énergie : demain, c’est maintenant

Habitat passif, basse et zéro énergie : demain, c'est maintenant

D'année en année, le bâti se fait moins énergivore. L'Europe vise l'objectif "zéro énergie" à l'horizon 2021, et Bruxelles, ville pionnière en la matière, imposera le passif pour les nouvelles constructions dès 2015.

Dès les années 1970, à l’heure des premières crises énergétiques, l’idée de logements (presque) sans chauffage commence à germer. En 1988, l’Allemand Wolfgang Feist et le Suédois Bo Adamson formulent ce qui va devenir le standard “maison passive”. Répondant à des normes très précises, c’est aujourd’hui un label international de certification. Deux critères majeurs : de très faibles besoins en chauffage et une étanchéité à l’air quasi parfaite.

Les besoins en énergie doivent être inférieurs à 15 kwh/(m2*an); il s’agit de besoins théoriques, calculés en fonction de l’isolation (+/- 30 cm d’isolant pour les murs, 40 cm pour la toiture et 20 cm sous le sol), de l’espace et de l’ensoleillement. L’étanchéité est mesurée par un test simulant de grands vents, le test d’infiltrométrie. L’étanchéité à l’air implique un besoin de ventilation : il faut expulser l’air intérieur (vicié par la respiration et les activités ménagères) et insuffler un air extérieur pur. Un système, composé d’un ventilateur et d’un échangeur de chaleur, récupère les calories de l’air expulsé et les “donne” à l’air entrant, alors qu’une résistance (ou un serpentin rempli d’eau chaude sanitaire) ajoute des calories en plus en cas de grand froid. C’est la ventilation double flux.

Souvent, aucune autre source de chauffage n’est nécessaire. Mais rien n’empêche d’installer un poêle ou un insert pour un agréable coup de chaud, voire un chauffage central. Enfin, soulignons que le standard passif ne mentionne rien du caractère écologique ou durable des matériaux. Maison passive n’est donc pas synonyme de maison écologique. Bien sûr, l’un n’exclut pas l’autre. Quant au “zéro énergie”, il s’agit d’un bâtiment (passif ou basse énergie) dont la consommation résiduelle est compensée par l’énergie produite sur place (solaire, pompe à chaleur, éolien…).


Rénovation énergétique : question délicate et pratique

Les obligations futures en termes de bâti passif ou zéro énergie ne concernent pas (encore) les projets de rénovation. C’est que, en fonction du bâtiment concerné, atteindre l’isolation et l’étanchéité optimales est parfois très difficile (et très cher), voire quasi impossible. Il s’agit donc de trouver des compromis pour atteindre le meilleur résultat possible : isoler un maximum, tout en évitant les soucis d’une isolation inopérante (mal pensée ou mal appliquée, une forte isolation causera des problèmes de condensation). Rassurez-vous, un architecte calculera toujours ces risques !


Envie d’en savoir plus sur le passif ?

Deux organismes peuvent vous aider : la Plateforme Maison Passive et la Passiefhuisplatform. Ce sont elles qui, en Belgique, attribuent les certifications passives. Elles organisent également de nombreuses formations professionnelles et éditent la revue Be Passive, adressée avant tout aux acteurs du secteur. Ils ont aussi édité d'amusantes affiches “I live in a passivehouse and I’m normal”, liées au récent salon Passive House (voir ci-dessous). Elles ont aussi récemment organisé un Passive House Symposium. Invité d’honneur, Wolfgang Feist – un des inventeurs du passif – y a prédit une future baisse des coûts dans le secteur (“une fois les techniques maîtrisées, elles seront inévitablement moins chères”, analyse-t-il). Feist a aussi justifié la durabilité économique des aides publiques à l’habitat écologique (“Si l’Allemagne le fait, c’est que c’est rentable à long terme”). De nombreux intervenants ont rappelé à quel point l’idée du passif et du “zéro énergie” passait pour une folie il y a dix ans… et sera la norme d’ici dix ans. Que de chemin parcouru !

Beaucoup se sont réjouis de voir l’architecture retrouver droit de cité dans le débat (les bâtiments écologiques doivent aujourd’hui être aussi pertinents d’un point de vue architectural et urbanistique). Au rayon des expériences présentées, citons des rénovations basse énergie express réalisées en Hollande (10 jours par maison), la construction de quartiers écologiques et sociaux un peu partout en Belgique ou des enquêtes de satisfaction auprès des habitants. Chose notable, les propriétaires semblent en général plus convaincus et impliqués que les locataires, qui souvent comprennent assez mal le système. Conclusion provisoire : notre habitat va changer et nos manières de l’habiter le feront également. Viendront de nouvelles habitudes !

 

Un processus qui avance

✓    Dès 2021, tous les bâtiments neufs européens devront être “zéro énergie”.
✓    Dès 2019, tous les nouveaux bâtiments publics européens devront montrer l’exemple du “zéro énergie”.
✓    En 2015, le passif sera obligatoire à Bruxelles. Dès 2017, en Wallonie. La Flandre ne s’est pas prononcée en avance du calendrier européen.
✓    De plus en plus nombreuses, les formations pour professionnels affichent le plus souvent complet. C’est que toute la profession doit être formée.
✓    Le standard passif permet de réduire de 80 à 90 % la consommation énergétique d’une maison. L’habitat représentant, dans les années 1990, de 30 à 40 % de la consommation énergétique globale.

J-M L