En ce mois abritant la Journée internationale des droits des femmes, Paloma de Boismorel a mis à l’honneur les voix féminines.

SANG POUR SANG

Le pitch Personnages excentriques aux conversations névrosées, femmes à la silhouette en cure-dents et stars d’Hollywood en goguette se bousculent devant un musée de Los Angeles à l’occasion d’un vernissage- événement. Intitulée « Natures mortes », l’exposition va dévoiler une série d’autoportraits sanglants faisant référence à des femmes victimes d’assassinats célèbres aux USA. Mais l’artiste s’est volatilisée. Vengeance ou coup de pub ? L’ex-journaliste qui mène l’enquête doit mettre ses sentiments de côté car si celle qui a disparu lui a volé son fiancé, il se pourrait bien que les enjeux de cette affaire soient ceux de la féminité et de sa représentation à travers les siècles.

Pourquoi ça nous parle? Difficile de résister au rythme de ce thriller glamour qui interroge la frontière fragile entre dénonciation et sensationnalisme de la violence dans les médias.

  • LE MUSÉE DES FEMMES ASSASSINÉES, MARIA HUMMER, 432 P., ÉD. ACTES SUD.

BABY-BOOMERS

Le pitch Dans la famille Popper, Serge, Anna et Jean viennent de perdre leur mère, ils ont la soixantaine, mais rien dans leurs rapports et dans leurs comportements n’indique la moindre sagesse ou sérénité. Que ce soit lors d’une cérémonie funéraire, dans leurs relations amoureuses ou devant les fours crématoires d’Auschwitz, le trio Popper semble n’avoir pas quitté l’adolescence et ne rate pas une occasion de se chamailler ou de faire du mauvais esprit. À l’instar de l’aîné, Serge, personnage superstitieux, roublard et râleur, qui se fait jeter dehors par sa compagne et donne son prénom au roman, ce nouveau cru de Yasmina Reza est drôle, parfois touchant et toujours surprenant.

Pourquoi ça nous parle? Les sujets ont beau être graves, l’excellente auteure d’Art et d’Heureux les heureux évite tous les clichés et donne à ses scènes l’absurde et la trivialité de la famille dans toute sa vérité.

  • SERGE, YASMINA REZA, 238 P., ÉD. FLAMMARION.

QUI S’Y FROTTE…

Le pitch Imaginez un animal de compagnie qui vous suit partout et dont les yeux sont reliés à l’écran d’un inconnu. Les kentukis semblent répondre à la solitude et à la curiosité sans limite de notre époque assoiffée d’images et de technologie. Entre ceux qui achètent ces drôles de peluches pour se sentir moins seuls et ceux qui s’abonnent à la caméra de l’une d’entre elles pour vivre dans l’intimité d’un parfait étranger, le contrat est audacieux. Au travers de courts chapitres, on suit avec angoisse les bouleversements et les réactions imprévues que déclenche l’irruption de ces gadgets maléfiques dans la vie de leurs utilisateurs.

Pourquoi ça nous parle? Exploités avec génie et perversité par la romancière argentine Samanta Schweblin, les kentukis mettent en évidence les dangers d’Internet grâce au malaise que suscite le décalage entre l’apparence inoffensive de ces jouets et l’identité véritable de ceux qu’ils dissimulent.

  • KENTUKIS, SAMANTA SCHWEBLIN, 265 P., ÉD. GALLIMARD.

Plus de culture: