En 2019, c’est décidé: on se (re)met à la lecture! Et si on ne sait pas par où commencer, on se plonge dans ces quelques nouveautés.

01

Sans filtre

Impossible de ne pas se laisser happer par les 832 pages de l’avant-dernier volet de l’autobiographie en 6 tomes de l’auteur norvégien Karl Ove Knausgaard. Phénomène littéraire planétaire, son ouvrage traduit en 36 langues l’a directement mis sur la liste des écrivains nobélisables. La raison de cet engouement réside sans doute dans les sentiments d’urgence et de sincérité qui animent chacune de ses pages. Résolu à reconstituer le passé tel qu’il l’a vécu, l’auteur ne gomme ni ses lâchetés ni ses élans ridicules et passe du sublime au trivial sans aucune coquetterie. Né en 1968, Knausgaard a commencé la rédaction de ses mémoires vers l’âge de 40 ans et avoue lui-même ne s’être jamais relu. La publication de cette autofiction débridée a fait l’effet d’une bombe en Norvège, les révélations sur lui-même et sur ses proches entrant en collision avec une culture bien établie de la discrétion et de la vie privée. Dans ce cinquième volume, on continue à suivre l’éclosion littéraire du jeune narrateur accepté à la prestigieuse Académie d’écriture de Bergen, où il enchaîne remises en questions et tourments amoureux.

Pour rester dans l’ambiance: On cultive le hygge (art de vivre scandinave) en allumant une bougie et en emballant ses pieds dans un plaid bien doux.

  • COMME IL PLEUT SUR LA VILLE, KARL OVE KNAUSGAARD, 832 P., ÉD. DENOËL (PARUTION LE 3/1).
02

Wanted

Dans la baie de Hong-Kong, un ancien bunker de l’armée britannique est encerclé depuis 59 heures par les autorités. À l’intérieur, un groupe de malfaiteurs a bravé le système de sécurité ultra-sophistiqué pour prendre en otage un stock de vins rares d’une valeur de 350 millions de dollars. À l’extérieur, un typhon menace de s’abattre sur la ville et sur les négociations en cours. Pas de revendication, mais sur les écrans, une silhouette en escarpins qui dépose une bouteille devant la porte blindée. La romancière française Céline Minard déjoue avec malice tous les codes du film de braquage dans ce court thriller où les femmes défient les lois, jurent et boivent au goulot. On y retrouve le goût pour la technologie, l’action, le risque, la transgression et les héroïnes féminines de cette auteure tout-terrain dont les précédents romans, Faillir être flingu (2013) et Le Grand Jeu (2016), ont connu un grand succès critique.

Pour rester dans l’ambiance: On oublie nos bonnes manières en débouchant une bonne bouteille et en calant confortablement nos pieds sur la table.

  • BACCHANTES, CÉLINE MINARD, 112 P., ÉD. RIVAGES (PARUTION LE 2/1).
03

Destins clandestins

Quelles circonstances ont mené la jeune et farouche Tatiana Rakoska si tôt dans une tombe du cimetière Montparnasse ? De quelle histoire d’amour parle la magnifique sculpture qui y est posée ? Pour y répondre, la romancière Sophie Brocas entremêle le destin de deux jeunes femmes vivant à Paris à un siècle de distance. Tatiana, anarchiste et étudiante en médecine, issue d’une famille de l’aristocratie russe, s’enthousiasme pour l’effervescence intellectuelle et artistique du Montparnasse de 1910 tandis que Camille, avocate d’affaires aux journées longues et ternes, trouve en 2010 un moindre réconfort dans le tricot qu’elle pratique toute seule dans son studio le week-end. Tandis que l’une sombre peu à peu dans l’enfer d’une déception amoureuse, l’autre reprend goût à la vie dans l’exploration de ce destin brisé. Difficile de résister à la petite musique de ce roman qui interroge à la fois la mécanique de nos existences et le statut des œuvres d’art comme témoins inébranlables des passions humaines.

Pour rester dans l’ambiance: On feuillette un vieil album de photos à l’affût des secrets cachés derrière chaque sourire.

  • LE BAISER, SOPHIE BROCAS, 300 P., ÉD. ROBERT LAFFONT (PARUTION LE 3/1).

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