Le canal, à quelques encablures de la Porte de Ninove. Une grande bâtisse ensoleille la rive molenbeekoise de la voie d’eau avec sa façade couverte de fresques marines, son rez de chaussée voué à la restauration et son étage réservé au co-working. C’est le Phare du Kanaal. À la barre Hanna Bonnier, une capitaine à peine trentenaire aussi souriante qu’énergique qui partage volontiers son expérience.

Bien s’entourer

«À mon arrivée à Bruxelles il y a trois ans et demi, j’ai découvert une ville et un état d’esprit qui me correspondaient. Les porteurs de projet peuvent facilement y faire des rencontres précieuses et enrichissantes. Quant aux structures d’accompagnement proposées aux entrepreneurs jeunes et moins jeunes, elles sont gratuites et assez faciles d’accès pour peu que l’on soit vraiment motivé. J’ai personnellement bénéficié de l’accompagnement personnalisé du guichet d’économie locale de Saint-Gilles, d’une bourse Open Soon, d’une formation Dreamstart chez Microstart et du soutien de BRUSOC que l’on pourrait qualifier de banque des entrepreneurs sans garantie. Les financements ne sont pas négligeables, mais l’aspect compétences, apprentissage, création de réseau ne l’est pas moins. L’un ne peut pas fonctionner sans l’autre.»

J’entreprends malin: le Phare du Kanaal, un espace de co-working innovant à Bruxelles

Co-working new look

Les nouveaux entrepreneurs sont friands des espaces de co-working leur offrant un grand confort de travail, mais aussi un moyen astucieux de lutter contre l’isolement et même de nouer de précieux liens professionnels. «Je voulais créer un tel espace adapté à la nouvelle génération de travailleurs indépendants à la fois extrêmement flexibles et pas très riches, où on ne paie qu’au prorata de son occupation.

« nous offrons la possibilité de rencontrer des gens et de créer du lien »

Difficulté pour nous: les utilisateurs ne s’engagent pas alors que nous devons assumer les frais fixes, un loyer, du personnel, etc. D’où l’importance du café-restaurant qui soutient financièrement le projet. Cela correspond en outre à notre conception du co-working: en plus de proposer des bureaux, du wifi, du café et du thé à volonté, nous offrons aussi la possibilité de rencontrer des gens et de créer du lien et un réseau.»

«J’avais d’abord privilégié des communes telles qu’Ixelles, Saint-Gilles ou le centre. Mais j’ai été séduite par ce bâtiment à la façade ornée d’une fresque et dont l’agencement s’est révélé parfait. Une foule d’acteurs locaux m’ont fait visiter Molenbeek. Petit à petit, j’ai acquis la conviction que ce quartier convenait parfaitement au public visé tant pour l’espace co-working que pour l’activité café et restaurant. On a donc pris le risque de s’implanter ici. De toute façon, tout projet entrepreneurial est un risque.»

Pionniers en la matière

«Nous avons été les premiers à arriver au bord du canal. On nous a beaucoup demandé pourquoi nous allions là où il n’y avait aucune offre horeca. Mais c’est cela qui nous plaisait: il n’y avait rien, si ce n’est un potentiel de développement énorme. Le MIMA (Millennium Iconoclast Museum of Art) a ouvert juste après nous, puis les hôtels Meininger et Bellevue. Le canal bouge énormément

J’entreprends malin: le Phare du Kanaal, un espace de co-working innovant à Bruxelles

«Quand on se lance dans l’entreprenariat, on a toujours envie de voir plus loin. Mais pas question de crier victoire. Nous estimons très important de toujours nous réinventer, cultiver le côté humain, vivant du Phare. Faire vivre le quartier grâce à des événements culturels est aussi très important. La culture est facteur de lien. J’ai l’impression que pour le moment, on ne s’est pas trompés.»

Vous aussi, vous portez un projet à Bruxelles, mais avez besoin d’aide ? N’hésitez pas à contacter le service 1819 par téléphone ou via son site http://www.1819.brussels.

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