Les foodtrucks intriguent, charment, régalent… et séduisent certains qui songent sérieusement à lancer leur propre projet. Une entreprise plus complexe qu’il y paraît.

Avec leurs couleurs volontiers chatoyantes et leurs propositions culinaires souvent teintées d’exotisme ou d’originalité, ils font flotter un doux fumet de liberté voire même d’anticonformisme sur nos marchés, nos événements ou nos parkings à la pose de midi. Pourtant les foodtrucks sont de véritables petites entreprises dirigées par des managers qui allient polyvalence et détermination. Avis à toutes celles qui se sont déjà dit «pourquoi pas moi?»!

Les clefs du succès

Car le tout n’est pas d’aimer concocter de bons petits plats pour les copains. Encore faut-il définir un concept original et adapté à la consommation en rue (ce que les Américains, initiateurs de la tendance, appellent la street food). Etre aussi de taille à cuisiner vite et bien pour plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de personnes, en respectant les règlements –très stricts- imposés par l’AFSCA (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire). Et être aussi capable de déplacer aisément un véhicule souvent encombrant. Sans oublier qu’il faut ne pas se décourager devant l’abondance des démarches administratives et exceller dans la négociation des sites de vente. Potentiellement nombreux, tous imposent des règles et contraintes aux commerçants ambulants que sont les exploitants de foodtrucks. Enfin, une bonne dose de flexibilité n’est pas inutile pour adapter son produit aux saisons et aux circonstances.

Comme sur des roulettes

Mais s’il convient d’avertir de la complexité de l’entreprise, il n’est évidemment pas question de décourager ceux et celles qui se sentiraient l’âme culinaire. Oui, il y a des foodtrucks qui riment avec réussite et il existe des cuisiniers ambulants heureux. A condition de respecter quelques principes de base et de profiter des aides plus nombreuses qu’il y paraît pour aborder sereinement cette nouvelle activité. Avant toute chose, pause-réflexion pour l’élaboration d’un business plan qui tienne la route. Cap ensuite sur le guichet d’entreprises pour adopter le statut d’indépendant et obtenir la carte de commerçant ambulant indispensables à l’exploitation d’un foodtruck.

Peaufiner son projet

Si le fait que l’accès à la profession de restaurateur-traiteur n’est pas requis peut a priori sembler une bonne nouvelle, quelques stages de formation pour les néophytes en matière de cuisine collective seront tout de même les bienvenus. Vient ensuite le choix du véhicule, outil indispensable et poste important dans le budget du «foodtrucker» débutant. Il est recommandé de ne pas lésiner: un véhicule trop petit ou trop sommaire peut entraver le développement de l’activité. Et tant pis si cela suppose un permis de conduire poids lourds. Heureusement, des aides à l’acquisition existent. Quelle que soit sa taille, le véhicule devra obtenir l’agrément de l’AFSCA, un organisme qui au-delà de son rôle de sanctionnateur pourra également fournir de précieux conseils. Enfin, il n’est pas question de s’installer n’importe où, n’importe quand et n’importe comment: chaque commune, chaque marché, chaque organisateur privé possède ses propres critères. A vous de vous renseigner et de vous y conformer.

Tout cela vous paraît complexe? Vous vous posez des questions et vous cherchez des réponses? Pour Bruxelles, n’hésitez pas à consulter le service 1819 par téléphone ou via son site www.1819.brussels.

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