Comment résister à la bonne humeur et à l’élégance discrète de cette journaliste parisienne au nom qui résonne? Son deuxième roman, « Le Dernier des nôtres », a lui aussi séduit les lecteurs et remporté chez nous le Prix Filigranes 2016. Rencontre express.

Une œuvre qui reflète votre état d’esprit du moment?

La chanson Lady Lady Lay de Bob Dylan, tout nouveau prix Nobel de littérature.

Votre dernier éblouissement?

La vue de tous les ponts de Paris quand je franchis le pont Alexandre III en direction des Invalides. Je fais des détours chaque matin pour savourer ce spectacle. Cette ville traverse des moments difficiles, mais je mesure la chance que j’ai d’y vivre malgré tout.

La prochaine photo que vous prendrez?

Soyons honnête, ce sera probablement mes enfants. Mon album est rempli de photos, probablement anecdotiques et sans intérêt esthétique, de mes deux jeunes jumeaux.

Un son ou une musique qui vous apaise?

Un bruit d’eau ou de feuilles. Je n’écoute pas de musique en travaillant, car je suis très perméable à son pouvoir.

« ANNA KARÉNINE M’AGACE AVEC SA CULPABILITÉ PERMANENTE. »

Un talent caché?

J’ai la main verte. En ce moment, mon potager est rempli de courges et de potirons. Une plante vous rend au centuple et vous remet à votre place.

Un personnage de fiction à inviter à dîner?

J’aimerais bien que mon héros (Werner dans Le Dernier des nôtres) m’invite à dîner. Je suis un peu amoureuse de lui.

Un livre que vous aimeriez avoir aimé?

Anna Karénine de Tolstoï. Il y a tout ce qu’il faut pour que j’aime, mais elle m’agace: sa culpabilité permanente, ses revirements… En plus, je m’y perds avec tous ces noms russes.

Une phrase écrite pour vous?

«L’enfant prend conscience de sa différence, il prend sa différence pour du génie, et par là même il devient comme tout le monde.» C’est dans Baudelaire, de Jean-Paul Sartre, que j’ai lu à 15 ans. Ça vous tue le romantisme adolescent.

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