Quand il se transforme en Kid Noize, Greg Avau réalise son rêve d’enfant en injectant de la fiction dans notre monde réel. Rencontre en pleine préparation des concerts.

The man with the monkey face

À part sa bague à tête de singe, rien ne trahit la double identité de Greg Avau, que nous rencontrons sans masque ce jour-là, dans son QG bruxellois. Graphiste de formation, son univers est autant sonore que visuel. Après la sortie du premier album «électro-pop-rock-dance» de son avatar Kid Noize, Dream Culture, il travaille d’arrache-pied au développement d’images pour les concerts. Posé, réfléchi, il parle sans fard de sa relation avec sa créature. «The Man with the Monkey Face» sort tout droit de son imaginaire d’enfant, avec le faciès de La Planète des singes, la série télé mythique, et les cheveux de Michael Jackson, son idole d’alors. Il intrigue, il fascine, entre attraction et répulsion. Et fédère un large public avec ses nombreux tubes aux sonorités eigthies.

Créer un personnage, était-ce une envie de longue date ou un besoin de «disparaître» pour préserver ta vie privée tout en t’exprimant musicalement?

J’avais réellement envie de créer un personnage, mais je ne comptais pas l’incarner. Je pensais le dessiner et l’animer, comme le groupe Gorillaz, par exemple. Puis j’ai été amené à devoir le défendre sur scène. Au début, il fallait trois heures pour poser la prothèse. Maintenant, on a simplifié la technique et réduit le temps nécessaire à quarante minutes. Un maquilleur de cinéma me suit tout le temps. Je ne ferais pas de concerts s’il n’y avait pas ce masque. Pour préserver ma vie privée. J’ai besoin de pouvoir sortir du personnage, d’appuyer sur la touche pause. Depuis The Voice, je n’ai plus fait de photo officielle à visage découvert, même si on me le demande souvent.

Ce qui fascine chez Kid Noize, c’est qu’une grande part de lui reste réaliste?

Il n’y a pas de frontière entre fiction et réalité. On s’habille le matin pour que les autres aient une vision très précise de nous. Ici, c’est la même chose. Sauf qu’en plus des fringues, il y a la prothèse, que je compare à un accessoire de mode. Je suis hyper heureux que Kid Noize fonctionne si bien et je suis hyper heureux que les gens pensent que c’est simple. Beaucoup croient que c’est juste un masque posé sur mon visage et d’autres, sur Facebook, me demandent si c’est mon vrai visage… Il m’est arrivé de rester pendant douze heures sans interruption dans le personnage, en buvant des boissons protéinées à la paille. C’est mon record. Je n’avais évidemment pas pensé à cela au début. C’est mon équipe qui réfléchit au timing, qui prévoit des moments pour manger en retirant une partie de la prothèse.

« quand je suis derrière ce masque, je réalise une sorte de rêve… »

La vie est-elle plus belle avec ou sans masque?

C’est une bonne question. J’aimerais pouvoir dire sans. Elle est plus facile sans, mais c’est beau aussi d’arriver à réaliser ses rêves. Et quand je suis derrière ce masque, je réalise une sorte de rêve, donc c’est intense. C’est mon travail également. La vie est belle de toute façon quand tu fais ce que tu veux.

Entre ta passion pour l’image et celle pour la musique, laquelle est d’abord née et laquelle prime sur l’autre?

Quand j’étais petit, je faisais des clips avec mes Playmobils et mes G.I. Joe. La caméra m’a tout de suite passionné, dès l’âge de 7 ans, puis j’ai voulu être dessinateur de BD et la musique est arrivée à 13 ans, quand j’ai acheté ma première guitare. Pour moi, c’est 50-50 entre les deux. Cela dépend de l’étape de développement dans laquelle on se trouve. Kid Noize n’existerait pas sans tête de singe, ce ne serait pas aussi fort. Si un jour je devais arrêter le son ou l’image, j’arrêterais le son mais je continuerais à le faire vivre en vidéo, en bande dessinée… Un projet de BD, entre autres, est d’ailleurs en attente.

Tu es également producteur et tu as lancé ton label de musique, Black Gizah Records…

Cela manquait pour moi dans un premier temps, parce que je voulais faire les choses à ma façon. Puis on a signé Mustii (qui chante sur trois titres de l’album de Kid Noize) entre autres. C’est la preuve qu’avec une bonne équipe, il y a moyen d’obtenir de bons résultats. Nous nous considérons comme une rampe de lancement, donc plein d’artistes nous ont déjà quittés pour aller dans de plus grandes structures. On est très fiers de cela.

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  • ALBUM DREAM CULTURE (BLACK GIZAH RECORDS)
  • EN CONCERT LE 17/2 AU REFLEKTOR À LIÈGE, LE 24/2 À L’ANCIENNE BELGIQUE À BRUXELLES, LE 22/4 À CHARLEROI EXPO. www.kidnoize.com

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