Ciné, télé, expo… Il y a toujours de bonnes idées à glaner auprès
 de nos GAEL Guests. Morceaux choisis… et commentés.

Quand on parle culture avec Tania Garbarski et Charlie Dupont, on est déjà un peu au spectacle. En quelques minutes, tous les deux s’enflamment pour le cinéma à la sauce belge, le street art, les pâtes italiennes et le théâtre (mais pas celui où l’on s’ennuie)… Résultat: notre agenda «sorties» est déjà bien rempli.

UN LIEU: LE MIMA

CHARLIE EN DIT:

Le projet d’un ami: Michel de Launoit (l’un des quatre fondateurs) est le parrain de ma grande fille. On collabore depuis 20 ans sur des projets aussi différents que «Faux Contact» et «L’Impro session», ou plus récemment le film Deux au carré. Ce que j’aime professionnellement chez lui, c’est sa capacité, quand quelque chose l’amuse ou l’intéresse, à ne pas se mettre de barrière et à foncer ».

Le concept: Il s’agit de mettre en avant des «artistes plasticiens 2.0», c’est-à-dire des artistes en marge du circuit traditionnel des galeries, mais qui ont réussi à se faire un nom tout seuls, grâce à la rue ou sur Internet. En les libérant de l’ancien système, le MIMA (Millennium Iconoclast Museum of Art) joue un peu les Netflix de l’art contemporain. En plus, avec ses 1 000 m2 d’exposition, le lieu est bien plus qu’un labo de street art.

Le succès: Le musée est situé en plein Molenbeek et l’inauguration, qui devait se faire une semaine après les attentats de Bruxelles, a été légèrement postposée. Les débuts ont donc été fébriles mais aujourd’hui, les médias sont heureux de parler du MIMA comme de «la chose positive» qui est arrivée au quartier cette année. Le musée compte déjà 40 000 visiteurs en moins d’un an.

UN FILM: FAUT PAS LUI DIRE

TANIA EN DIT:

Le pitch: Elles sont quatre cousines, dont la plus jeune se marie. L’une d’entre elles se rend compte que le futur marié est infidèle… Ensemble, elles décident de ne rien révéler.

Un tournage en famille: C’est le premier long-métrage de Solange Cicurel, une réalisatrice belge, avec qui j’avais déjà tourné dans un court-métrage et qui, ici, fait également jouer Charlie et nos deux filles. Avec Jenifer, Camille et Stéphanie, on s’est super bien entendues. Cette complicité est visible même chez Michel Drucker. C’était magique, comme toujours quand on se retrouve dans une émission qu’on regardait soi-même quand on était enfant.

Pourquoi il faut aller le voir: On croit que c’est un film de filles, genre Le Cœur des hommes au féminin, mais les hommes s’y retrouvent aussi. C’est une comédie romantique drôle et glamour, une sorte de Love Actually made in Belgium. D’ailleurs, il est urgent que l’on soutienne le cinéma belge, car du côté francophone, on n’a pas encore assez la curiosité d’aller voir ce qui se fait chez nous.

  • FAUT PAS LUI DIRE, DANS LES SALLES DEPUIS LE 4 JANVIER.

UNE SÉRIE: THE CROWN

TANIA ET CHARLIE EN DISENT:

Une héroïne inattendue: On est déjà tous les deux fans de la nouvelle série de Netflix qui retrace les événements de la vie privée et publique de la reine Élisabeth II, depuis son mariage en 1947 jusqu’à aujourd’hui.

Pourquoi les séries TV? Le monde a besoin d’épopées en tout genre, car nous manquons de mythes fondateurs. Max Weber parlait de «désenchantement du monde». Daesh arrive à fournir un prêt-à-penser à des cerveaux de 17 ans parce que ces jeunes-là n’ont pas de rêves. Pour exister et pour rêver, il faut pouvoir se raconter soir-même et s’inscrire dans une histoire. Les séries ou les saga comme Star Wars offrent cette possibilité. C’est l’utilité du mythe. Même si l’homme reste libre de choisir le «côté obscur».

UNE PIÈCE DE THEATRE: MARIS ET FEMMES

TANIA EN DIT:

Problèmes de couples: C’est l’histoire primesautière, quoique subtile, d’un couple qui vient annoncer à ses meilleurs amis qu’il va se séparer, provoquant le chaos et le désarroi. Comme souvent chez Woody Allen, c’est aussi drôle que désespéré et on a un panorama de tous les problèmes auxquels les couples font face à un moment ou à un autre.

Réfléchir et rire: Pour les trois dernières pièces dans lesquelles on a joué, on a proposé aux spectateurs ce qu’on aurait eu envie d’aller voir au théâtre. Charlie est particulièrement difficile et trouve que huit pièces sur dix sont chiantes. Pour faire venir les gens au théâtre aujourd’hui, il faut que ce soit à la fois divertissant et intelligent. Woody Allen est très fort pour ça.

  • MARIS ET FEMMES, D’APRÈS WOODY ALLEN, DU 14 AU 18 MARS, AU THÉÂTRE DE LIÈGE.

« Lettres à Nour », au Théâtre de Liège

Bon à savoir: Tania et Charlie seront au Théâtre de Liège du 24/01 au 26/01, dans la pièce Lettres à Nour de Rachid Benzine (à qui nous consacrions plusieurs pages dans le GAEL du mois de février, disponible en librairie). Il reste encore des places!

Plus d’informations sur le site du Théâtre de Liège.

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