L’air marin qui fait rosir nos joues et qu’on aime respirer à pleins poumons est plus puissant qu’on ne l’imagine. Ces citadins se sont expatriés à la Côte pour cause de maladie et leur santé les en remercie. Parmi eux, Heidi (44 ans) qui a récemment emménagé à la Côté pour guérir son rhumatisme chronique. Photo (c) Liesbet Peremans.

Le témoignage de Heidi

« En 2016, on m’a diagnostiqué un rhumatisme chronique. De l’“arthrite psoriasique”, pour appeler la bête par son nom. Ça a commencé dans mes orteils, puis c’est remonté petit à petit… J’étais déjà migraineuse, mais à cause d’une arthrose au cou, c’est devenu intenable. Le diagnostic m’a soulagée : je pouvais enfin mettre un nom sur ma maladie. Mais cela ressemblait aussi à une sentence. Ces périodes de douleurs terribles et paralysantes reviendraient toujours. Mon mari est directement venu à l’hôpital et nous avons bu ensemble ce matin-là. Un café pour lui, une bière pour moi. Il fallait que je digère la nouvelle. »

La mer comme bouée de sauvetage

« À l’époque, nous allions souvent à la mer. Mes beaux-parents y avaient un appartement depuis 2012 et c’était un peu notre seconde maison. À chaque jour férié, chaque week-end que nous passions là-bas, je sentais une amélioration de mon état, tant physiquement que moralement. Un dimanche soir, au bord de la mer, alors que nous nous préparions à rentrer chez nous, j’ai senti la douleur et le stress m’envahir. C’était un peu comme si la fête se terminait trop tôt. Ça ne pouvait plus durer : “Ce sera Ostende ou l’euthanasie”, ai-je balancé en plaisantant à mon mari. Un poil dramatique, bien
sûr, mais ça prouve bien la dose d’oxygène qu’Ostende m’insufflait. Au propre comme au figuré. »

Le grand départ

« Nous avons fait la navette comme ça pendant quelques années. Mais quand vous réalisez que vous n’avez qu’un seul corps et une seule vie, vous prenez des décisions plus rapidement. Vous osez plus vite le changement, surtout s’il est positif. Nous avions construit une vie sociale à Ostende et nous connaissions le quartier. Quand, tout à coup, la maison de nos rêves s’est présentée sur notre chemin, tout s’est décidé très vite. Nous avons fait une offre et le jour même, elle était à nous. Ce sont nos enfants, de 8 et 11 ans, qui ont dû faire le plus d’efforts pour s’adapter. Le premier jour d’école a été difficile pour eux. Mais aujourd’hui, c’est toute la famille qui va mieux. J’ai toujours de l’arthrose, l’air marin ne pourra pas la faire s’envoler, mais je me sens définitivement mieux ici. »

Une quarantaine paisible

« Je vivais à Bruxelles pour mon travail. Quand on est devenu parents, nous avons déménagé dans la périphérie de Bruxelles pour avoir plus de calme. Mais c’était trop calme pour moi. Et nous avions besoin de la voiture pour tout. À Ostende, nous vivons dans le quartier calme de la Belle Époque, mais toujours dans la ville. Tout est proche. Les mauvais jours, je peux regarder la mer ou aller à la plage avec les enfants et barboter les pieds dans l’eau. Je ressens beaucoup moins d’anxiété et de stress. Quand nous avons dû nous mettre en quarantaine à cause du coronavirus, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de meilleur endroit pour être “enfermé” qu’au bord de l’eau. »

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