Les étudiants de fin d’humanités s’entendent souvent poser la même question : « Que vas-tu étudier l’année prochaine ? » Que ceux qui n’ont pas encore été foudroyés par l’intuition ultime se rassurent : on peut très bien décrocher un diplôme, s’en satisfaire un temps et trouver sa véritable voie plus tard.

Le témoignage de Charlotte, 39 ans

Petite fille, je rêvais de devenir vétérinaire, mais je n’aimais ni la physique ni les maths. J’étais en latin-sciences et j’avais de bons points en langues et en biologie. À l’école, on m’a conseillé d’éviter les études universitaires scientifiques — ce serait “trop lourd” pour moi — et à 18 ans, j’ai manqué de confiance en moi pour passer outre. Mon choix du droit a surtout été motivé par l’idée qu’après, je pourrais encore choisir des orientations bien différentes. J’avais aussi des amis qui allaient étudier le droit, je me suis jointe à eux. Les études étaient intéressantes, mais je ne me suis jamais découvert une vraie passion pour l’univers juridique. Mon cœur restait du côté du secteur médical. Contrairement à la plupart des gens, j’ai toujours aimé m’attarder dans les hôpitaux. Je trouvais que c’était un biotope fascinant et j’espérais pouvoir y entrer par la porte de derrière en ajoutant un master en management des soins de santé et droit médical. Mais, via un projet d’études de l’univ, j’ai finalement abouti dans une entreprise de ressources humaines, où j’ai travaillé pendant presque dix ans comme legal consultant. C’était un chouette boulot, dans une entreprise agréable, avec des collègues très sympas. J’y ai travaillé avec plaisir, mais après la naissance de mon deuxième enfant, j’ai senti qu’il manquait quelque chose à ma vie professionnelle.

« Je conseillerai à mes enfants de suivre leur cœur, sans penser à l’argent ou aux conditions de travail »

Je voulais travailler plus avec et pour les gens. J’ai tranché neuf mois après la naissance de ma fille. Après de longues discussions avec mon homme, j’ai décidé de passer à mi-temps et de me lancer dans quatre ans d’études en nutrition et diététique. Pendant mon stage à l’hôpital, j’ai tout de suite senti que j’avais trouvé le job de ma vie. Début 2017, j’ai pu commencer à travailler comme diététicienne clinique et depuis lors, j’ai aussi mon cabinet privé. Mon changement de carrière a confirmé ce que j’ai toujours su et m’a apporté à la fois un apaisement et de l’énergie. Bien sûr, j’y ai perdu financièrement, j’ai moins de congés qu’avant et mes horaires sont moins flexibles, mais les feedbacks de mes patients compensent tout ça. Je sais que ce job est fait pour moi, car je peux aider les gens en les écoutant, en les réconfortant et en leur apportant des conseils. Dans mon travail précédent, je n’avais jamais le sentiment de tout contrôler pleinement comme c’est le cas maintenant. Je suis incroyablement reconnaissante à ma famille car sans son soutien, je n’aurais jamais réussi à combiner mon travail avec les études et les enfants. Je pense souvent à ce que je leur raconterai plus tard quand ils devront faire leur choix d’études. Je sais déjà que je leur conseillerai de suivre leur cœur, sans penser à l’argent ou aux conditions de travail. Le plus important est de faire ce dans quoi on se sent bien. Sans dénigrer mon travail précédent, je peux dire maintenant que je suis bien plus heureuse qu’avant. Je suis fière de ce que je fais et je rentre chaque soir à la maison avec de chouettes anecdotes. J’espère que plus tard, mes enfants vivront leur travail avec la même passion. »

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