Nous avalons tous, ou presque, quantité de compléments alimentaires dans l’espoir de rester plus longtemps beaux, jeunes et en bonne santé. Mais ces pilules coûteuses sont-elles ‘doctor-proof ’ ? Nous avons demandé l’avis à trois experts. Parmi eux, Kathleen Van Aken qui est médecin généraliste. Ces dix dernières années, elle s’est spécialisée en médecine nutritionnelle. Elisabeth Houben est médecin anti-âge et directrice médicale de la société Health Science & Nutrition. Eric De Maerteleire est docteur en bio-ingénierie. Pendant trente ans, il a dirigé un laboratoire où il effectuait des recherches sur les produits alimentaires.

Le curcuma est-il le complément alimentaire miracle? Réponse ici!

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Tout le monde devrait prendre des suppléments de vitamine D3

De Maerteleire « Les médecins n’en prescrivent que si votre sang contient moins de 20 nanogrammes par ml. Mais c’est trop peu. Il en faut minimum 40 ! Et 50 ou 60 nanogrammes seraient encore mieux. »

Van Aken « Pour les personnes présentant une problématique immunitaire, je vise même 70 ou 80. Mais je dois alors me battre avec le pharmacien. Il considère que c’est une dose énorme, alors que de toute ma carrière, je n’ai jamais vu quelqu’un d’“overdosé” en vitamine D3. Il faut bien sûr être suivi par un médecin. »

De Maerteleire « Quand on est jeune, 15 minutes au soleil suffisent pour que la peau produise de la vitamine D, si 40 % du corps est exposé. »

Van Aken « Cela ne vaut qu’en été. En hiver, les rayons du soleil ne sont pas assez puissants. »

De Maerteleire « Il faut faire des provisions au printemps et en été. Quand le soleil est haut et que votre ombre est plus courte que votre corps, vous commencez à produire de la vitamine D3. Vous la stockez dans le foie. Hélas, à la fin de l’hiver, cette réserve est épuisée. Vous vous sentez raplapla, déprimé. »

Van Aken « Les risques majeurs en cas de carence sont l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires, les problèmes immunitaires, le cancer des intestins, la sclérose en plaques… »

CONCLUSION ? On est quasi tous carencés en vitamine D3, surtout les séniors, dont la peau est plus fine. Faites un examen sanguin et éventuellement une cure pour alimenter vos réserves.

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L’omega-3 est un élixir de vie

De Maerteleire « C’est un drame que nous mangions si peu de poisson. Il faudrait remettre le pot de rollmops sur la table. »

Van Aken « Un manque d’oméga-3 provoque des maladies chroniques et des inflammations. Nous absorbons beaucoup trop d’oméga-6 avec l’huile végétale et les mauvaises graisses. La proportion d’oméga-6 par rapport aux oméga-3 doit être de 4 à 1, mais dans notre régime occidental, elle est souvent de 20 à 1. Cela perturbe notre système digestif et détériore nos membranes cellulaires. »

De Maerteleire « L’industrie alimentaire emploie le plus souvent des huiles végétales bon marché, de maïs ou de tournesol. Nous avons besoin de ces huiles, car elles contiennent des acides gras essentiels comme l’acide linoléique et l’acide linolénique, mais en moindre quantité. Dans le régime méditerranéen, le rapport
entre oméga-6 et oméga-3 est presque de 1 à 1. Et on y détecte beaucoup moins d’inflammations comme la maladie de Crohn. Je plaide pour les suppléments d’oméga-3 à base de krill, ces petites crevettes microscopiques. L’huile est rouge grâce à la présence d’astaxanthine, un antioxydant très puissant qui confère notamment leur couleur rouge au homard et au saumon. »

Van Aken « C’est durable, en plus ; il n’est pas nécessaire de tuer des poissons pour l’obtenir. Ou l’huile de foie de morue, comme dans le temps. »

CONCLUSION ? Consommez donc au moins 150 g de poisson gras par semaine (et pas plus de 300 g, à cause de la présence possible de dioxines, PCB ou pesticides) ou bien prenez des suppléments d’oméga-3.

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On peut avoir une overdose de compléments

Houben « J’ai eu une patiente qui avait lu que le potiron est bon pour la peau, grâce à la vitamine A. Elle est arrivée à mon cabinet avec la peau orange. J’ai d’abord craint une maladie bizarre, mais elle avait juste mangé trop de potiron. Les médecins doivent bien conseiller : la frontière entre toxique et bénéfique est parfois ténue. »

De Maerteleire « Quand on veut prendre des suppléments, il faut toujours se les faire prescrire par un médecin qui s’y connaît, sinon on risque effectivement un surdosage. Cela s’appelle l’hypervitaminose. » Houben « Ce sont surtout les vitamines liposolubles (comme les vitamines E, K, A) qui sont dangereuses, car elles sont stockées dans le corps. »

De Maerteleire « Cela peut provoquer des dégâts neurologiques. Pensez par exemple à une overdose de vitamine B6. Soyez prudents avec les minéraux et les oligo-éléments. Si pendant plus de trois mois, vous absorbez 40 mg de zinc, vous perturberez votre métabolisme du cuivre. »

Houben « C’est pour cela qu’il est extrêmement important de prendre les compléments alimentaires adaptés, pour diminuer le risque de surdosage. »

Van Aken « Une alimentation aussi variée que possible, et des compléments quand c’est indispensable. Mais toujours avec un accompagnement médical. »

De Maerteleire « Et uniquement pour combler des carences. Ensuite, il faut arrêter et s’en tenir à un plan alimentaire équilibré. »

Van Aken « Dans tous les cas, avec un bon équilibre alimentaire, on diminue
le risque de carences. La variété est très importante, aussi dans les fruits et les légumes. »

CONCLUSION ? Pas d’automédication. Faites éventuellement une prise de sang chez votre médecin afin de pister les carences et d’évaluer ce qui doit être complémenté.

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Les compléments alimentaires gardent la peau jeune plus longtemps

Houben « Une personne en bonne santé rayonne. La santé et la beauté vont toujours de pair. Une bonne nutrition a un grand impact sur votre apparence. »

De Maerteleire « Pourquoi la peau vieillit-elle ? Sous l’influence de la lumière ultraviolette, les protéines sont décomposées et une masse de radicaux libres se forment dans votre corps, contre lesquels il faut lutter avec des antioxydants. Quand on est jeune, on produit des antioxydants de manière assez efficace. La peau reste donc ferme jusqu’à un certain âge. Mais le problème est que cette production d’antioxydants endogènes diminue avec l’âge. »

Houben « Il faut aussi veiller à la protection “mécanique” : porter un chapeau et des gants. Et se mettre à l’ombre à temps. »

De Maerteleire « Et manger des aliments colorés. Au Japon, ils raffolent des patates douces violettes. Elles sont très bénéfiques. »

CONCLUSION ? Veillez à absorber suffisamment d’antioxydants. De préférence en provenance d’une alimentation variée et colorée, éventuellement complétée de suppléments.

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Les bêta-glucanes boostent le système immunitaire

Houben « L’assimilation de vitamine D est meilleure grâce à aux champignons shiitaké, qui en contiennent. »

De Maerteleire « En cas d’herpès, les boutons de fièvre apparaissent si on est fatigué, stressé : là, les bêta-glucanes peuvent aider. »

Houben « On observe qu’après une prise de bêta-glucanes, les globules blancs (qui attaquent en cas d’“intrus” dans le corps) grimpent en deux heures à peine. »

Van Aken « Les bêta-glucanes forment une défense naturelle contre les infections virales. Comme tout le monde n’aime pas les champignons, je les prescris en compléments, une concentration élevée d’un seul coup. Surtout lors de périodes difficiles, quand une personne accumule les infections. Pendant les examens, par exemple. »

De Maerteleire « C’est aussi très utile en chimiothérapie, qui attaque les globules blancs. À côté des champignons et extraits, il y a de bons suppléments à base de la levure souche Saccharomyces cerevisiae, la levure de boulanger ou levure de bière, très riche en bêta-glucanes. »

CONCLUSION ? Si vous vous sentez affaiblie, les bêta-glucanes peuvent vous aider à booster votre système immunitaire.

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