Après avoir fait ses preuves en salle d’op, cette technique s’invite dans le cabinet des psys. Grand avantage par rapport à une thérapie classique, elle permet d’induire rapidement une sensation de mieux-être, comme en témoigne Christel.

Loin des clichés

Trop souvent associée à un divertissement à caractère magique, principalement destiné à fasciner plutôt qu’à soigner, l’hypnose est une pratique encore relativement méconnue. Sauf, peut-être, dans le domaine de la chirurgie. Introduite dans les salles d’opération belges dès 1992 par le professeur Marie-Élisabeth Faymonville du CHU de Liège, l’hypnose remplace, depuis de nombreuses années, les anesthésies traditionnelles dans certains cas d’opérations de la glande thyroïde ou lors d’actes de chirurgie plastique.

Pour casser, d’emblée, l’idée selon laquelle l’hypnose engendrerait un black-out permettant au psy d’avoir un contrôle total sur son patient, l’hypnothérapeute Gérald Brassine la compare à un «sommeil éveillé», c’est-à-dire à un état modifié de conscience. L’état hypnotique est donc tout à fait naturel. Marina Blanchart, psychologue et hypnothérapeute, souligne: «L’hypnose, c’est le contraire de “l’ici et maintenant”. Lorsque vous rêvassez dans votre canapé en vous repassant les images de vos dernières vacances, vous êtes déjà sous hypnose

Sous contrôle

Lors d’une séance d’hypnose éricksonienne, le thérapeute n’a, comme l’explique Gérald Brassine, «aucun pouvoir sur son patient. L’idée est, au contraire, que patient et thérapeute interagissent dans une relation de collaboration et de totale égalité». D’où l’importance de convaincre le patient que l’hypnose n’est pas un phénomène magique, mais bien un état qu’il provoque lui-même et à l’intérieur duquel il conserve une grande marge de manœuvre. Le rôle de l’hypnothérapeute consiste dès lors à comprendre dans quel univers évolue son patient de manière à induire un souvenir positif, fil rouge de la séance. Pour venir à bout d’un problème, Gérald Brassine préconise un maximum de dix séances, à raison d’une heure et demie par séance. Le temps nécessaire pour cerner le patient et comprendre ce qui pourrait l’amener à prendre «le bon ascenseur», celui qui va lui permettre d’accéder à l’étage où il a stocké ses émotions négatives. Dès la première séance, le patient peut toutefois ressentir un vrai mieux-être ou, en tout cas, prendre conscience de sa propre capacité à transformer ses souvenirs en leviers positifs, comme en témoigne Christel.

Le témoignage de Christel, 42 ans, phobique de la voiture

Témoignage: vaincre ses angoisses par la thérapie sous hypnose

«En 2015, j’ai été victime, à quelques mois d’intervalle, de deux accidents de voiture. Chaque fois, c’est l’autre conducteur qui était en tort. Lors du premier, j’ai subi un choc brutal dont je suis sortie avec des côtes cassées et de multiples œdèmes. Moi qui suis de nature prudente et assez anxieuse, j’ai développé une hantise de la route. Alors que je m’étais plus ou moins rétablie d’un point de vue physique, j’ai eu un deuxième accident dans des circonstances similaires. À partir de là, j’ai eu de plus en plus de mal à conduire. Même lorsque mon mari était au volant, je ne quittais pas le rétroviseur des yeux. Quand une voiture freinait trop brutalement à proximité de la mienne, je commençais à trembler, mes oreilles bourdonnaient, ma vue se brouillait et j’éclatais en sanglots.

« J’étais assez méfiante par rapport à cette approche. »

Sur le conseil de mon médecin généraliste, j’ai consulté une psychothérapeute. C’est elle qui m’a redirigée vers une spécialiste de l’hypnose. J’étais assez méfiante par rapport à cette approche. Je cherchais le piège. Sept mois après mon second accident, je me suis toutefois décidée à tenter l’expérience. La thérapeute ne m’a pas demandé de parler. J’ai communiqué avec elle par signes. Sur le moment, je n’avais pas l’impression d’être sous hypnose. J’entendais tout ce qui se passait dans la pièce et dans les bureaux d’à côté. À aucun moment, je n’ai ressenti de l’angoisse. La thérapeute a cherché à me faire réapprivoiser le moi d’avant les accidents. À la fin de la séance, j’ai eu la sensation de revenir de loin, comme si j’avais traversé plusieurs couches de mon inconscient. De retour dans ma voiture, c’est comme si une gomme avait effacé ma douleur. Tout était plus lumineux dans ma tête. Aujourd’hui, je ne suis pas devenue insouciante au volant, mais la conduite ne me met plus dans un état de détresse incontrôlable

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