Il y a des vacances qui ne se passent pas du tout comme on l’avait imaginé. Lors d’un voyage en Afrique, Anne-Lise a sauvé la vie de la petite Akouyo. Aujourd’hui, elle prend soin de 185 enfants togolais. Elle raconte comment ce voyage a bouleversé son existence. Par Evelien Roels avec la collaboration d’Anne-Sophie Kersten. Photos: Rebecca Fertinel. 

Le témoignage d’Anne-Lise (42 ans)

« Il y a une dizaine d’années, je ne me sentais pas très bien dans ma peau. J’étais sans travail, sans homme et je me posais des tas de questions : pour qui est-ce que je compte vraiment ? Quel est le but de ma vie ? À cette époque, une amie m’a présenté un de ses proches qui était sur le point de partir au Togo pour travailler en tant que volontaire. Il m’a proposé de l’accompagner si cela me tentait. Après coup, je me rends compte du risque que cela représentait de s’engager dans un tel voyage avec quelqu’un que je connaissais à peine. Mais la proposition sonnait juste et j’ai dit oui sans trop y réfléchir.

Nous sommes donc arrivés dans ce petit pays à l’Ouest de l’Afrique. Je suis restée bouche bée devant tout ce que je voyais, des gens habitant des huttes en terre, sans électricité, sans eau courante. Manquant d’argent même pour se nourrir et se soigner. Des enfants — surtout des filles — renvoyés de l’école parce que les parents ne pouvaient pas assumer les frais scolaires. D’autres enfants étaient abandonnés dans une misère totale. C’est alors que j’ai découvert Akouyo, une fillette de 5 ans au bord de la mort. Je l’ai amenée à un orphelinat et je me suis arrangée pour qu’elle reçoive des soins médicaux, ce qui lui a sans aucun doute sauvé la vie. À ce moment, j’ai su : voilà mon but, c’est cela que je veux faire de ma vie.

Quand j’ai sauvé cette fillette de la mort, j’ai su : c’est cela que je veux faire de ma vie

Un mois plus tard, l’asbl Akouyo était en place. Mon premier plan était, à très petite échelle, d’aider quelques enfants via des parrains et marraines. Mais l’asbl a vite grandi. Grâce à des subsides, à des dons et à des revenus générés par nos propres activités, nous avons rapidement pu réaliser de plus gros projets au Togo, comme construire un centre médical, une école, des puits… Je dis bien “nous” car je n’agis pas seule : j’ai autour de moi toute une équipe de personnes qui partagent mes idées. On a maintenant 185 parrains et marraines, qui paient chaque mois 30 € pour leur filleul(e). C’est toute une organisation et énormément de travail, mais c’est surtout 185 enfants à qui on offre une alternative à la misère.

Les années ont passé depuis ce voyage au Togo. J’ai une famille merveilleuse et un super boulot, et j’ai trouvé des réponses à certaines de mes questions de jadis. Mais je ne lâcherai jamais l’asbl Akouyo. Avant le corona, j’allais encore trois à quatre fois par an au Togo, et je continue à m’impliquer pour pouvoir aider plus d’enfants encore. Je rêve aussi de faire venir Akouyo en Belgique. Elle a 16 ans aujourd’hui et s’en sort très bien à l’école. Si elle pouvait étudier ici, elle pourrait obtenir un diplôme, ce qui augmenterait énormément ses chances pour le futur. J’aimerais vraiment l’y aider. »

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