Et si votre poids d’équilibre tenait plus à ce que vous pensez qu’au contenu de votre frigo ? De plus en plus d’experts conseillent de vous concentrer sur vos réflexes mentaux plutôt que sur le comptage des calories. D’après un texte de Kelly Deriemaeker et Marie Aubain.

Des experts toujours plus nombreux pointent notre état d’esprit comme maître d’orchestre de notre poids. Selon Jay Nixon, auteur du livre The Overweight Mind (« L’esprit obèse »), de nombreuses personnes entament un régime dans un état d’esprit déprimé. Nous semblons collectivement obsédées par un résultat aussi rapide qu’indolore, prêts à nous lancer dans l’énième régime à la mode, alors qu’à long terme on sait qu’il fera plus de tort que de bien à notre tour de taille. La diététicienne et nutritionniste Hella Van Laer aide ses patients à prendre conscience de leur façon de « penser la nourriture ». Elle déplace le focus de « ce qu’il faut manger » vers les mécanismes qui nous amènent à manger.

« Chez 80 % des personnes qui n’arrivent pas à maigrir, la cause est mentale »

« Nous mangeons pour tellement d’autres raisons que la faim ! Souvent, les personnes sont coincées dans des schémas profondément ancrés par rapport à la nourriture, certains datant de l’enfance. Par ailleurs, notre société nous pousse à grignoter toute la journée, et à craquer pour des repas peu équilibrés. Troisièmement, nos vies très agitées nous font perdre le contact avec nos sensations, dont celle de satiété. Or, le sucre et la graisse provoquent une sorte d’euphorie très rapide, d’autant plus attractive lorsque l’on est déconnecté de soi. Mais à long terme, ils nous font nous sentir plus mal. »

ACCEPTER ET APPRENDRE

La formule de l’Américain Jay Nixon est limpide: dans son livre, il dénombre trois éléments bien plus importants que la graisse, les hydrates de carbone ou les protéines : nos pensées, nos suppositions et les mots qu’on utilise à longueur de journée. Selon lui, si on ne maigrit pas, c’est que malgré notre envie de perdre du poids, on continue à envisager la nourriture de la même façon que lorsqu’on mangeait trop. Sylvia (36 ans) voit très bien ce qu’il veut dire. Depuis l’enfance, ce sont les émotions qui la poussent à manger. « J’ai fait tous les régimes possibles et consulté des diététiciennes, mais rien ne m’aidait durablement. Je perdais 15 kilos pour entrer dans ma robe de mariée, et six mois plus tard, j’en reprenais 30. » Sylvia a contacté un personal trainer et a entamé une thérapie. En sept mois, elle a perdu 30 kilos et deux ans plus tard, ils ne sont pas revenus. Ce qui a fait la différence cette fois ? « J’ai appris à analyser les situations de tentations et à reconnaître les déclencheurs. Avec ma thérapeute, j’ai
essayé de comprendre pourquoi je me jetais sur une boîte de pralines après une journée de nourriture saine. Et si je commets un faux-pas, je ne m’y arrête plus, car j’ai appris à me pardonner. Avant, le moindre craquage avait le don de me relancer dans le cercle vicieux de l’autosabotage. »

« L’idée n’est pas d’arrêter définitivement et implacablement de commettre des écarts, mais de briser le mécanisme qui nous pousse à abandonner après un faux-pas »

Soyez indulgent

L’autocompassion est capitale. L’idée n’est pas d’arrêter définitivement et implacablement de commettre des écarts, mais de briser le mécanisme qui nous pousse à abandonner après un faux-pas. Analysons nos craquages, voyons ce qu’ils nous apprennent, au lieu de nous punir et de nous déprécier. L’important est de reconnaître comment on se sent maintenant, tout en travaillant à ce que nous voudrions améliorer dans le futur. Bien plus que le chiffre indiqué par la balance, on travaille sur les habitudes et ce qui les déclenche. On constate ainsi que le grignotage du soir est un problème très fréquent. « Si vous grignotez chaque soir devant la télé, votre cerveau a vite fait d’enregistrer cette habitude et après un certain temps, il suffit de vous asseoir dans le canapé pour avoir envie de manger. Sans compter qu’on voit souvent de la nourriture à l’écran, ce qui aiguise notre envie. Il faut adapter le comportement en trouvant une alternative qui fournisse le même résultat, mais en étant moins nocive », explique Amber Van den Eynde, psychologue clinicienne à la clinique de l’obésité.

« Quelques sessions avec un psychologue ou un thérapeute peuvent être utiles pour explorer ces mécanismes souvent inconscients, suggère-t-elle.  Hella Van Laer confirme : « La thérapie comportementale permet de développer des stratégies qui vous aident à garder le contrôle sur vos choix. »

Retrouvez cet article en intégralité dans le GAEL d’avril, disponible en librairie.

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