Préférer le temps passé avec l’un de ses enfants ou se préoccuper plus de lui fait-il de nous une mauvaise mère pour les autres? Non si l’on est consciente des raisons de ce favoritisme et que l’on rétablit l’équilibre.

Atomes crochus

Une étude récente de l’Université de Californie indique que 65 % des mères et 70 % des pères auraient une préférence pour l’un de leurs enfants. Et pas besoin d’aller outre-Atlantique pour confirmer ces résultats. Dans son livre Frères et sœurs, une maladie d’amour, le pédopsychiatre Marcel Rufo écrit: « Dans chaque famille, il y a un chouchou. Soit c’est papa qui préfère un enfant, soit c’est maman. Ou les deux. » C’est donc vrai? On peut vraiment aimer un enfant plus que l’autre? Krista Okma, conseillère en éducation, nuance: « Je ne sais pas s’il s’agit réellement de plus ou moins d’amour, mais il est vrai qu’en tant que parent, on a une entente plus facile avec l’un ou l’autre enfant. » Tout comme avec nos amis ou connaissances. À cette seule différence: quand il s’agit de vos enfants, tout à coup le tabou devient très lourd.

« 68% des parents ont une préférence pour l’un de leur enfant »

Place dans la fratrie

Dans son livre The Favorite Child, la thérapeute américaine Ellen Weber explique que, la plupart du temps, les parents se sentent mieux avec l’enfant qui leur renvoie la meilleure image d’eux-mêmes. L’enfant préféré est celui dans lequel le parent reconnaît des caractéristiques, des aspects physiques ou des traits de caractère sur lesquels il porte depuis toujours un jugement positif. Selon Krista Okma, il n’en va pas toujours ainsi: « Le fait qu’un enfant vous ressemble peut aussi compliquer la relation. Car on ne sait que trop bien comment fonctionne l’autre et comment le toucher. » La benjamine est souvent la chouchoute de papa et le fils aîné le chéri de maman. Les enfants du milieu sont rarement les préférés, sauf s’ils sont les seuls de leur sexe.

Enfant préféré: y a-t-il toujours un chouchou dans une fratrie?

Autrement, mais tout autant

Devons-nous relativiser de la même manière toutes les formes de favoritisme dans une famille? Certainement pas, de l’avis du thérapeute familial Henk Smits. « Dans la plupart des familles au fonctionnement sain, les choses s’arrangent d’elles-mêmes, heureusement. Car la place de favori peut varier selon le contexte et le moment. Un enfant très enthousiaste sera le chouchou de maman ou papa lors des jeux en plein air, mais pas du tout le soir, à table, s’il désobéit ou refuse de manger. » L’enfant préféré peut souffrir aussi. Selon Krista Okma, « l’enfant en position de favori peut ressentir de la honte ou de la culpabilité envers ses frères et sœurs. » D’où l’importance d’en être conscient, en tant que parent.

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